jeudi 20 juillet 2017

"La Sonate à Bridgetower", de Emmanuel Dongala

Résumé :

N’en déplaise à l’ingrate postérité, la célèbre Sonate à Kreutzer n’a pas été composée pour le violoniste Rodolphe Kreutzer, qui d’ailleurs ne l’a jamais interprétée, mais pour un jeune musicien tombé dans l’oubli. Comment celui-ci est devenu l’ami auquel Beethoven a dédié l’un de ses morceaux les plus virtuoses, voilà l’histoire qui est ici racontée.
Au début de l’année 1789 débarquent à Paris le violoniste prodige George Bridgetower, neuf ans, et son père, un Noir de la Barbade qui se fait passer pour un prince d’Abyssinie. Arrivant d’Autriche, où George a suivi l’enseignement de Haydn, ils sont venus chercher l’or et la gloire que devrait leur assurer le talent du garçon…
De Paris à Londres, puis Vienne, ce récit d’apprentissage aussi vivant qu’érudit confronte aux bouleversements politiques et sociaux – notamment la mise en cause de l’esclavage aux colonies et l’évolution de la condition des Noirs en Europe – les transformations majeures que vit le monde des idées, de la musique et des sciences, pour éclairer les paradoxes et les accomplissements du Siècle des lumières.


Titre : La Sonate à Bridgetower
Auteur : Emmanuel Dongala
Editeur : Actes Sud
Pages : 336


Merci à Lecteurs.com pour cette lecture.


Mon ressenti :

Un livre comme je les aime, à savoir à la fois divertissant et instructif. L'auteur se montre précis, et on sent tout au long de la lecture qu'il s'est parfaitement documenté.
C'est un récit riche, qui reste cependant facile et très agréable à lire, où l'on part à la rencontre de grands noms de ce XVIIIè siècle, via la découverte du destin étonnant de ce violoniste prodige. Une vie artistique particulièrement bien retranscrite.
C'est une véritable aventure passionnante qui, en plus de sortir de l'oubli ce musicien qu'était George Bridgetower, retrace également certains mouvements de ce siècle des lumières (je pense à la remise en cause de l'esclavage entre autres, pour ne citer qu'un exemple) et nous fait voyager à travers l'Europe.

Un roman historique dense, érudit et enrichissant, à découvrir !

vendredi 14 juillet 2017

"L'Arménien", de Carl Pineau

Résumé :

Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné. Assassiné. Mais par qui ?
Et qui était vraiment l’Arménien ?
Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Greg Brandt ?
Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami ?
Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans ?
Rien de tout cela, bien plus encore ?

De la place Graslin au Château des ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.


Titre : L'Arménien
Auteur : Carl Pineau
Editeur : Librinova (autoédition)
Pages : 330


Merci à l'auteur, Carl Pineau, pour la découverte de son roman.


Mon ressenti :

Dans ce thriller choral, de nombreux flashbacks ponctuent l'histoire, à l'image des pièces d'un puzzle se reconstituant progressivement.
Un choix narratif plutôt habile qui lève peu à peu le voile sur les mystères du meurtre de cet "Arménien". Ce sont en effet ses proches qui retracent son itinéraire, nous faisant découvrir la vie de ce personnage intrigant jusqu'à la vérité inattendue quant à sa mort.
Des protagonistes bien campés, aux profils variés, que l'on peut mépriser ou au contraire trouver attachants. Un langage parfois cru, un peu déroutant au premier abord, mais auquel on s'habitue et qui s'avère justifié une fois que l'on a cerné les personnages et leur psychologie.
Si j'ai trouvé le début un peu lent à se mettre en place, le suspense prend finalement de l'ampleur, et plus les indices et révélations s'accumulent, plus on souhaite découvrir le dénouement de cette histoire.

Carl Pineau nous propose une intrigue bien ficelée, dotée d'une narration efficace. Un bon moment de lecture, le tout dans une ambiance années 80.