vendredi 9 décembre 2016

"La reine du Tearling", de Erika Johansen

Résumé :

Après la mort de sa mère la Reine Elyssa, Kelsea Raleigh a grandi en exil, loin des intrigues du Donjon royal où son oncle diabolique a pris le pouvoir. Le jour de ses dix-neuf ans, une garde dévouée l'escorte de son repaire à la capitale, où elle devra reconquérir la place qui lui revient de droit et devenir Reine du Tearling.
Kelsea ne s'est jamais sentie aussi peu capable de gouverner. Pourtant, les atrocités qu'elle découvre vont la pousser à commettre un acte d'une incroyable audace, qui jette tout le pays dans la tourmente et déchaîne la vengeance de la Reine rouge.
La quête de Kelsea pour sauver son royaume et aller vers son destin ne fait que commencer. Long périple semé d'embûches, empli de bruit et de fureur, de trahisons et de combats farouches. Une épreuve du feu, qui forgera sa légende... ou la détruira.
Erika Johansen nous entraîne dans une épopée flamboyante où une jeune princesse insoumise devra lutter pour monter sur le trône.


Titre : La reine du Tearling
Auteur : Erika Johansen
Editeur : JC Lattès
Pages : 510



Mon ressenti :

Le monde créé par Erika Johansen s'avère particulièrement intrigant. J'ai beaucoup aimé cet univers médiéval, dont le passé mystérieux se dévoile par petites touches surprenantes. Le mystère qu'entretient l'auteur à ce sujet nous donne envie de creuser, d'en savoir plus.

Les personnages sont attachants, d'autres parfois détestables, ou encore nébuleux.
Kelsea s'affirme de plus en plus tout au long de cette aventure et se découvre elle-même. Son entourage est haut en couleur, le mystère plane sur certains individus, on se questionne à leur sujet.

Ce périple, ponctué par de nombreux événements, nous entraîne avec engouement au fil des pages via une écriture limpide, sans fioritures.
Cette aventure possède sa dose de complots, violence, magie, incertitudes et rebondissements, ainsi qu'un univers qui semble particulièrement riche et dont on a encore, je l'espère, beaucoup à découvrir.

Une lecture prenante, dynamique, bien construite, dans un monde loin d'avoir révélé tous ses secrets. Vivement la suite !

vendredi 25 novembre 2016

"Le puits", de Iván Repila

Résumé :

Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. À leurs côtés, un sac de victuailles donné par leur mère, mais ils ont interdiction d’y toucher. Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là? Le Puits est un livre indispensable sur l’amour fraternel et la vengeance, un roman «qui a mérité sa place au panthéon des Jules Verne, Alain-Fournier et autres Antoine de Saint-Exupéry » selon Zoé Valdès.

Titre : Le puits
Auteur : Iván Repila
Editeur : 10/18
Pages : 123



Mon ressenti :

Un roman puissant, très court, moins de 130 pages qui se lisent d'une traite.
Tout au long de la lecture, on se demande comment ces deux frères ont fini au fond de ce puits.
On est avec eux, à leurs côtés, on les observe en train de survivre, du moins essayer, jusqu'à l'effroyable vérité.
C'est limpide, et la plume se montre parfois poétique pour raconter cette histoire intense et prenante où il est question de survie, de sacrifice et de vengeance.

mercredi 23 novembre 2016

"Les vies de papier", de Rabih Alameddine

Résumé :

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l'ombre des murs anciens de son appartement, elle s'apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l'une des oeuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.
À la fois refuge et « plaisir aveugle », la littérature est l'air qu'elle respire, celui qui la fait vibrer comme cet opus de Chopin qu'elle ne cesse d'écouter. C'est eentourée de livres, de cartons remplis de papiers, de feuilles volantes de ses traductions qu'Aaliya se sent vivante.
Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l'odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l'imprévisibilité de Beyrouth.

Roman éblouissant à l'érudition joueuse, célébrant la beauté et la détresse de Beyrouth, Les Vies de papier est une véritable déclaration d'amour à la littérature. 

Titre : Les vies de papier
Auteur : Rabih Alameddine
Editeur : Les Escales
Pages : 329


Merci aux éditions Les Escales, puisque j'ai eu la chance de découvrir ce roman grâce au Club de lecture des Escales.


Mon ressenti :

Le Liban et la littérature, voilà des choses qui me parlent et suscitent mon enthousiasme.
Ces éléments ont ainsi suffi à éveiller ma curiosité, j'avais hâte de me plonger dans cette lecture et découvrir ce qu'elle recèle.

En fin de compte, je n'ai pas vraiment réussi à entrer pleinement dans cette histoire que j'ai trouvée quelque peu décousue.
Les digressions sont en effet nombreuses, trop à mon sens, et c'est, je pense, ce qui m'a empêché d'être totalement captivée.
Parfois, les pages défilaient vite, mais à d'autres moments, j'avoue avoir eu un certain mal à avancer.

Par ailleurs, les références littéraires sont très présentes. Là aussi, peut-être un peu trop. Certaines d'entre elles sont bienvenues, voire passionnantes, il faut l'admettre, tandis que d'autres ont cassé mon rythme de lecture.
J'ai dû m'accrocher à plusieurs reprises, mais je conçois parfaitement que le style de l'auteur, déroutant à mes yeux, peut convenir à d'autres lecteurs.

Toutefois, le portrait de cette femme que dresse l'auteur n'est pas sans intérêt, loin de là. Son passé, son vécu, son présent, sa famille, ses voisines, son regard sur la vieillesse, ou encore cette ville de Beyrouth sont autant de choses que l'on prend plaisir à découvrir. Aaliya, qui voue sa vie à la littérature est un personnage attachant et touchant.
Une belle histoire, même si je n'ai pas vraiment adhéré à la forme.

lundi 14 novembre 2016

"Une forêt obscure", de Fabio M. MITCHELLI

Résumé :

« Je n'ai rien d'un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l'esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d'Anchorage. 
À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu'il torture, puis celles de son amant qu'il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin... Jusqu'à la forêt de Tongass, là ou le mensonge corrode tout, là ou les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.


Titre : Une forêt obscure
Auteur : Fabio M. MITCHELLI
Editeur : Robert Laffont (La Bête Noire)
Pages : 416



Mon ressenti :

Une histoire passionnante où se mêlent habilement plusieurs intrigues, dont on ne soupçonne pas les liens au premier abord.
Et pourtant, ces affaires finissent par se croiser, le puzzle se reconstitue au fil de la lecture jusque dans les dernières pages.
Aucun temps mort, et ça démarre très fort, on est tout de suite plongé dans une ambiance oppressante.
L'écriture est fluide et les révélations nous tiennent en haleine. Tout est parfaitement orchestré et bien rythmé.
Les personnages sont bien campés, parfois attachants pour certains d'entre eux, ou encore "dépaysants" par leurs expressions.

Ce thriller maîtrisé nous embarque dans une enquête où le suspense, les secrets et les rebondissements occupent une place de choix. Un final magnifique.

dimanche 6 novembre 2016

"Chanson douce", de Leïla Slimani

Résumé :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. 
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.


Titre : Chanson douce
Auteur : Leïla Slimani
Editeur : Gallimard
Pages : 240



Mon ressenti :

Dès les premières lignes, le ton est donné. Les faits, atroces, invitent alors le lecteur à remonter le temps afin de comprendre le cheminement vers cette situation.

Leïla Slimani brosse le portrait d'une société où il faut aller toujours plus vite, où la réussite par le travail est obligatoire pour s'épanouir, quitte à confier la garde et l'éducation de ses enfants à de parfaits inconnus.

Les apparences et les références rassurent, mais que sait-on réellement de la vie, des souffrances, des difficultés, dissimulées sous le masque d'une profession, quelle qu'elle soit ?
Une face cachée que l'on découvre petit à petit, la folie s'empare doucement des esprits, de façon insidieuse.
Aveuglé par ce besoin de concilier vie professionnelle et vie de famille, ce couple ne soupçonne rien, alors que tout est en train de se jouer en coulisses... jusqu'au point de non-retour.

Un vrai page turner, au style incisif, qui dresse un portrait glaçant mais réaliste de notre société, où la solitude et le mal-être font partie du quotidien. Se lit d'une traite.

samedi 5 novembre 2016

"Temps mort", de Marie-Pierre Bardou & Kathy Dorl

Résumé :

Que font deux copines d’enfance quand elles se retrouvent, par le biais d’un célèbre réseau social ?

Elles papotent ? Ouais... un peu.
Elles geignent sur leur existence ? Mmmm... Surtout l’une des deux.
Elles se rappellent le bon vieux temps qui était toujours mieux avant que maintenant ? Se prennent le chou façon Godzilla en peluche ? S’envoient de mignons smileys qui rigolent ?
Vous êtes loin du compte...
Car elles dézinguent. Elles trucident, décanillent, découpent, acidifient, crament, tronçonnent !

Tout oppose Élisabeth, dite Petit Kiwi, l’écolo allergique au foin, et Saule, la « fashion-addict », plus « desperate » que « housewife ».
L’une vit aux States et dilapide la pension alimentaire de son ex en minisacs Prada ; l’autre s’est enterrée dans une communauté hippie au fin fond de la Creuse.

Qu’est-ce qui les lie, à part une vieille amitié éteinte depuis quinze ans ?
Une sombre histoire, un passé qui ressurgit comme un diable de sa boîte et... ben, ça part un peu en vrille, quoi…
Flanquées d’un ado boutonneux fasciné par les limaces et d’une bande d’illuminés en sabots pour l’une, d’une nounou qui picole en douce et d’un moutard insupportable pour l’autre, les deux femmes auront fort à faire pour affronter une situation qui dérape.

Au programme de ce « serial-thriller-gore » hilarant qui ne laisse aucun temps mort : merguez, cochonnailles, roupettes, macchabée, scie sauteuse et crustacés.
Bon, peut-être pas de crustacés, en fin de compte.


Titre : Temps mort
Auteur : Marie-Pierre Bardou & Kathy Dorl
Editeur : Éditions Hélène Jacob
Pages : 248



Mon ressenti :

Un début de lecture quelque peu déconcertant, mais rien de négatif dans mes propos, au contraire. On ne s'attend tout simplement pas à être aussi rapidement plongé dans un univers autant déjanté. Une ambiance particulière à laquelle on adhère assez vite.

En découvrant ces deux femmes aux univers bien différents, à travers leurs échanges par email, c'est un duo aussi improbable que cinglé qui s'impose au lecteur, ce qui rend cette lecture plutôt surprenante et non moins attrayante. La sauce prend et finalement, ces personnages se montrent attachants.

Le caractère en partie épistolaire que revêt cette histoire est très intéressant, mais une narration plus classique ponctue le tout par petites touches. Une construction originale et efficace.

Lorsque l'intrigue prend forme, le lien qui unit ces femmes se révèle, et dès lors, on ne veut plus les quitter. On veut savoir ce qu'elles vont manigancer, et jusqu'où leurs décisions vont les mener.

L'humour de nos deux protagonistes est souvent cinglant et percutant. J'ai souri à plusieurs reprises, j'ai ri, et j'ai même frôlé le fou rire lors d'une scène que je visualisais parfaitement, mais dont je ne vous dévoilerai rien.

Un thriller original à l'humour décapant dont l'intrigue nous captive du début à la fin. A lire !

lundi 31 octobre 2016

"A la merci des rois", de Penny Watson Webb

Résumé :

À la mort de Clovis en 511, le royaume franc est divisé. Clotaire, l’un de ses descendants, n’a qu’une ambition : évincer tous ceux qui auraient l’affront de croiser son chemin vers la couronne. En Austrasie, terres nées du partage entre les fils de Clovis, un bâtard royal orphelin, Ubald, reçoit l’éducation d’un prince et s’engage aux côtés de Clotaire. Mais sa loyauté envers lui sera mise à rude épreuve.

Ubald croisera la route de la belle et courageuse Adélaïde, fille idéaliste et sensible qui grandira protégée derrière les murs du couvent de Poitiers, premier monastère pour femmes, fondé par la reine Radegonde.

Plongée au cœur d’un machiavélique complot, Adélaïde est considérée comme traîtresse aux yeux du roi Clotaire qui enverra Ubald à sa rencontre.

Ubald devra choisir entre amour et fierté, Adélaïde entre amour et liberté. Pour survivre ensemble ils devront apprendre à marcher dans les pas de l’autre, à abandonner toutes leurs certitudes, sans jugements, ni faux-semblants.


Titre : A la merci des rois
Auteur : Penny Watson Webb
Editeur : VFB Editions
Pages : 232


Merci aux Editions VFB, grâce à qui j'ai eu la chance de découvrir ce titre à l'issue d'un concours organisé sur leur page Facebook. Merci également à Penny Watson Webb pour sa dédicace.


Mon ressenti :

La courte introduction de l'auteur permet de situer le contexte, chose appréciable, puisque l'on n'est pas forcément familier avec cette époque. C'est succinct, suffisant, le lecteur sait ainsi à quoi s'attendre.

Une fois ce cadre historique assimilé, on plonge rapidement dans cette histoire où se mêlent aventure, romance, violence ou encore complots. Un mélange où chacun de ces aspects est dosé avec justesse.
L'écriture limpide et sans fioritures de Penny Watson Webb rend la lecture fluide. L'auteur va à l'essentiel, le récit est par ailleurs bien rythmé et ponctué de rebondissements.
Cette époque de notre Histoire est habilement abordée. Rien n'est joué d'avance, chacun peut tout perdre du jour au lendemain, jusqu'à son nom, quel que soit son rang.
Le voyage dans le temps est réussi, on est dépaysé par ces personnages, leurs vies, leurs manières et leurs traditions.
Le devenir des protagonistes, pour la plupart hauts en couleur, nous préoccupe. On prend plaisir à les découvrir et à les voir évoluer au fil des pages.
La romance, sans être omniprésente, est le fil conducteur de cette lecture. Elle parvient à nous captiver jusqu'à la dernière page, ne laissant aucune place à l'ennui, et sans jamais tomber dans la mièvrerie.

Dotée d'un aspect historique convaincant, cette romance est réussie. Son titre est on ne peut mieux trouvé et le tout constitue un agréable moment de lecture.



A noter :

Un petit bémol que je destine plutôt à l'éditeur : des fautes subsistent dans le texte, et leur nombre n'est pas dérisoire.
Cela casse un peu le rythme de lecture quand on tombe sur l'une d'entre elles, l’œil s'arrêtant dessus. Cela ne m'a pas empêché d'apprécier ce saut dans l'histoire, mais un plus grand sérieux apporté aux corrections serait appréciable.

vendredi 28 octobre 2016

"Black Coffee", de Sophie Loubière

Résumé :

Narcissa, Oklahoma, juillet 1966. Un jour de grand beau temps, un homme fut pris d’un coup de folie. Il égorgea une femme dans une maison et poignarda une petite fille dans le jardin. Il laissa pour morte une mère de famille et son fils, puis repartit à bord d’une Ford Mustang, couvert de sang.

Été 2011. Une Française, Lola Lombard, part à la recherche du père de ses deux enfants, volatilisé sur la route 66. Sa seule piste : un cahier que son mari lui aurait envoyé et qui pourrait bien être la preuve de l’existence d’un des plus ahurissants criminels que les États-Unis aient connu… et dont le chemin traversait déjà la petite ville de Narcissa à l’été 1966.


Titre : Black Coffee
Auteur : Sophie Loubière
Editeur : Pocket
Pages : 624


Mon ressenti :

Cette Amérique, et plus précisément cette route 66 et ses environs m'ont littéralement fait voyager, ce qui confère à ce roman un aspect dépaysant particulièrement agréable.

Evidemment, l'histoire en elle-même n'est pas en reste, ou plutôt ces histoires parallèles, qui finissent par se croiser... tel un puzzle que l'on reconstitue petit à petit, avec son lot de rebondissements.

Des personnages aussi variés qu'intéressants nous emmènent à la recherche de la vérité et de leur passé. Un parcours ponctué de fausses pistes dont le rythme s’accélère à l'approche du dénouement.

Une lecture assez fascinante qui nous embarque sur cette route 66 mythique et son ambiance particulière. L'histoire est bien rythmée et nous captive jusqu'à son final inattendu.

samedi 22 octobre 2016

Interview : Nicolas Duplessier, auteur de "Été pourri à Melun Plage"

Dernièrement, je faisais l'agréable découverte d'un roman, "Été pourri à Melun Plage", de Nicolas Duplessier, dont une bonne partie de l'intrigue se déroule à Melun.

J'étais assez curieuse, d'une part grâce à son titre qui a su me faire sourire, et d'autre part en raison du choix de cette ville de Melun.
Je suis née à Melun, j'habite juste à côté de cette ville, j'y ai fait une bonne partie de ma scolarité, et aujourd'hui encore je m'y rends régulièrement.

Bref, j'ai vu cette ville évoluer au fil des années, et la voir être le théâtre d'un roman, noir qui plus est, je n'ai pas longtemps résisté à la tentation.

Merci à Nicolas Duplessier de m'avoir accordé un peu de son temps pour répondre à quelques questions. Ses réponses vous permettront de mieux cerner l'auteur et vous donneront peut-être l'envie de découvrir son roman.



Impossible de ne pas évoquer ce titre accrocheur, "Été pourri à Melun Plage", qui colle parfaitement au roman. D'où t'es venue cette idée ?


Notre rencontre et ta question m’ont donné envie de faire un saut dans le passé et de regarder les premières versions de mon manuscrit, mes premières tentatives d’écriture. Le titre que j’avais en tête, à cette époque lointaine, n’avait rien à voir. L’ambiance n’était pas aussi « pluvieuse » et l’intrigue se déroulait à …. Paris. Super original… Je te parle d’une version du manuscrit en 2007 ou 2008. Je tâtonnais, affûtais mon écriture.

"Quelque chose de pourri
au royaume d'Angleterre",
de Robin Cook
J’ai eu un « déclic » en regardant le film La Clef, dernier volet de la trilogie policière de Guillaume Nicloux. Dans ce film, le personnage central, Guillaume Canet est un petit bourge installé et suffisant, soudain confronté au monde des truands. J’ai eu envie moi aussi de créer un anti-héros se retrouvant mêlé à une histoire qui le dépasse, un type pas vraiment armé pour lutter à armes égales avec un monde inhospitalier. Cela faisait écho aux romans que je lisais. Quand je me suis mis à lire sérieusement, j’ai démarré avec du Patricia Cornwell, du Harlan Coben. Plus tard, j’ai mis un pied dans la Série noire. Pour très vite y plonger à fond et découvrir des auteurs Ellroy, Harry Crews, Jim Thompson, Chandler, Hammett, McBain, Dantec, Cook… Une claque. Une ambiance. Une époque. C’est de là que m’est venu l’amour du noir. En parallèle, je matais des films noirs, des classiques du genre comme Double Indemnity de Billy Wilder ou Laura d’Otto Preminger.
C’est tout ça qui a nourri mon univers.

Pour revenir au titre, il m’est venu après la lecture de  « Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre (A State Of Denmark) » de l’écrivain britannique, Robin Cook, un roman noir bouleversant et traumatisant. Pour toujours l'un de mes livres de chevet. Je conseille vivement la lecture.


"La clef", un film de Guillaume Nicloux (photo © SND)



Loin de moi l’envie de spoiler l’intrigue, mais y a-t-il un passage que tu as particulièrement aimé écrire ?


Non pas un passage en particulier, mais plutôt les dialogues d’une façon générale. Sans hésitation.
J’ai une passion pour le cinéma et, ce n’est pas un scoop, les dialogues y ont une place importante.


La ville de Melun occupe une place importante dans ton roman. Pourquoi ce choix ?


Je parlais des films de Nicloux. Guillaume est originaire de Melun et ses films s’y déroulent bien souvent. Je suis attaché à mes racines Melunaise et Seine-et-marnaise, et l’idée de créer un roman noir dans un lieu que je connais m’a tout de suite apparu excitante et motivante.
Dans le roman et le film noir, l’environnement est composé d'éléments choisis pour leur puissance expressive. Rien n’est laissé au hasard. Dans le film noir, par exemple, Los Angeles apparaît comme une ville nocturne, des entrepôts abandonnés, des quartiers dégradés par les grands ensembles. C’est ce décor qui donne une critique plus virulente. Los Angeles est LA ville du film noir. Le contraste avec le soleil californien et le rêve américain, dont le crime se révèle dès la nuit tombée, a inspiré plus d’un cinéaste et d’un écrivain. J’ai eu envie de jouer avec cette notion de contraste. L’été, mais la pluie, les barres d’HLM et cette proximité avec la forêt de fontainebleau font de Melun un protagoniste essentiel de mon livre et le cadre parfait pour un roman noir.

Melun, ses immeubles (crédit photo : Tej CC BY SA 3.0)



Comment as-tu composé tes personnages ? Ton entourage ou ton vécu t'ont-ils inspiré ?


Plusieurs de mes amis, ayant lu le manuscrit, m’ont reconnu dans certains traits de caractères de Florian.
Florian s'inscrit dans la tradition du héros cynique des polars américains des années 50-60, portant un regard désabusé sur le monde. Je voulais un personnage central sombre, au bord du précipice, qu’il fasse preuve d’imperfections. Surtout, je voulais un personnage plus accessible qu’un serial killer. Je voyais mon anti-héros comme une personnalité complexe, attachante, sensible, vulnérable. C'est d’ailleurs pour cette raison que j'ai opté pour un point de vue interne. Le lecteur s'identifie ainsi au personnage en se mettant à sa place et c'est plus facile pour lui de reconnaître des attitudes justifiées par des failles qui sont à sa portée.


Comment s'est construite l'intrigue de ton roman ? As-tu connu le syndrome de la page blanche ?


Au début de l’écriture, je n’avais qu’une vague idée de l’histoire. Je savais juste qu’une fille devait disparaître, par contre je savais exactement comment je voulais la fin. J’avais des films en tête. 8mm de Schumacher, Les Diaboliques de Clouzot, L'Homme qui voulait savoir de George Sluizer ou encore Breakdown avec Kurt Russell.
J’ai ensuite construit mon livre en ponctuant l’intrigue de tout un tas d’obstacles pour Florian. Je n’ai pas vraiment connu le syndrome de la page blanche car j’ai vraiment écrit en dilettante, quand j’en avais envie.


Jean-Baptiste Lafarge
(photo © Martin Lagardère)

On le ressent à travers ton livre, mais aussi en consultant ton site internet, tu es passionné de cinéma. Si "Été pourri à Melun Plage" devait être adapté sur grand écran, quel acteur verrais-tu incarner Florian ?


Je suis de la génération Vidéo Futur. Chaque week-end je me gavais de VHS et voulais, de façon naïve, travailler dans le cinéma. J’ai toujours rêvé de devenir réalisateur, de créer des films. A la fin des années 90, je passais mes étés dans l'Yonne et retrouvais frères et cousins pour créer des petits films inspirés du cinéma que nous aimions. Des films de karaté, des films d'horreur à la mode slasher.
YouTube n’existait pas encore, l’internet en était à ses balbutiements, nous diffusions sur les rares sites dédié au cinéma amateur et étions tous certains que nos films étaient géniaux.
Pour incarner Florian, je pense à Guillaume Canet, mais il commence à se faire un peu vieux pour le rôle. Si j’étais réalisateur et devais monter un casting je proposerai le rôle à Jean-Baptiste Lafarge (La Crème de la crème)


Comment est née cette envie d'écrire, et pourquoi le roman noir ?


Guillaume Nicloux a dit une fois qu’il s’était tourné vers l’écriture, avant de faire du cinéma, car il voulait raconter des histoires et que cela coûtait moins cher d’écrire un livre que de réaliser un film. (Pas que c’était plus facile) Cela fait écho à ma propre expérience. Dans mon univers noir et pluvieux, de pouvoir, de manipulations, de prostituées, de sexe cru et de drogues en tous genres, j’ai essayé de brosser un portrait du monde d’aujourd’hui. J’aime le Roman noir. C’est pour moi la  forme littéraire et romanesque la plus aboutie. Un outil formidable pour explorer l'éventail des émotions humaines.  


Dans quelles conditions écris-tu ?


Dans le train, casque sur les oreilles pour m’isoler du bruit. Je relis beaucoup
C’est à ce moment que la musique joue un rôle essentiel dans le processus de création.


Te souviens-tu du premier livre que tu as lu ?


Mon premier souvenir de lecture plaisir. « Mon bel oranger » de José Mauro de Vasconcelos. Un petit trésor d'émotions. Je devais avoir 13 ou 14 ans.


As-tu un personnage de fiction préféré ?


Jack Taylor, le détective privé de Ken Bruen ou Matt Scudder, le flic new-yorkais de Lawrence Block.


Un film ou un livre à nous conseiller ?


Sans hésiter les livres de Paul Colize ou encore Elisa Vix.


Après ce premier roman, d'autres projets d'écriture ? Aimerais-tu t'essayer à un autre genre ?


J’ai commencé l’écriture d’un nouveau roman.
Moins noir.
Toujours avec ce côté cinématographique et une intrigue solide. Deux histoires en parallèle, l’une se déroulant en Seine-et-Marne aujourd’hui et l’autre dans le Mexique du début des années 70.
L’écriture vient juste de démarrer.
La route est encore longue.


Pour finir, un dernier mot ?


Merci d’avoir pris le temps de lire mon roman et de m’avoir permis de m’exprimer sur ton blog.
Je ne le connaissais pas et viens de l’ajouter dans ma liste de sites à suivre. 



Quelques liens :

jeudi 20 octobre 2016

"Mission Buthacus", de François Morizur

Résumé :

Commando marine, Patrick Michel profite d'une période de remise en condition de son unité pour se ressourcer en Bretagne. Son cycle d'entrainement est brutalement interrompu lorsque son frère, capitaine de navire pétrolier opérant dans le golfe de Guinée, est kidnappé par des pirates nigérians. Ce kidnapping « ordinaire » dans cette région va bientôt se transformer, du fait de terribles interactions, en mission à haut risque. Inspirée par des faits réels, Mission Buthacus nous entraîne au cœur des lagunes de l'Afrique de l'ouest où les pêcheurs subissent autant les affres de l'exploitation pétrolière que la violence des groupes armés nigérians. L'auteur, dans un récit haletant, nous fait passer sans transition de passerelles de navire de soutien pétrolier et militaires aux mangroves boueuses en passant par les salons parisiens et les bureaux d'une société havraise plongée brutalement dans cette crise. Patrick, naturellement désigné pour conduire la mission de libération, entame une course contre la montre pour sauver son frère…


Titre : Mission Buthacus - Kidnapping en eaux troubles
Auteur : François Morizur
Editeur : Pierre de Taillac
Pages : 512


J'ai eu la chance de découvrir ce roman grâce à l'opération Masse Critique de Babelio.


Mon ressenti :

Promesse tenue ! C'est ce que j'ai envie de répondre à la phrase d'accroche présente sur la couverture : "Le plus réaliste des thrillers sur la piraterie écrit par un ancien commando marine.".

Le sujet est clairement maîtrisé. Le récit est d'une telle précision, il se révèle richement instructif sans jamais provoquer l'ennui.
J'avais une crainte, à savoir de faire face à des termes un peu trop techniques liés au monde maritime et aux commandos marines. Or, il n'en est rien. On est rapidement dans le bain, plongé dans ce monde complexe, mais finalement sans être déboussolé. L'ensemble demeure parfaitement compréhensible.

La construction de cette histoire m'a fortement plu. L'intrigue se met en place lentement, mais sûrement. Les chapitres alternent entre les différents protagonistes, on se familiarise peu à peu avec chacun d'entre eux, on partage quelques moments de leur vie, de leur quotidien, jusqu'à ce que de terribles événements s'amorcent. L'intrigue devient alors de plus en plus captivante, littéralement passionnante, d'autant plus que les rebondissements ne manquent pas. La tension monte régulièrement. Certains actes de violence sont effrayants, l'auteur n'épargne pas le lecteur. On est happé par les événements, l'intrigue est bien menée, les pages de ce petit pavé défilent rapidement. François Morizur excelle à mettre en évidence tout ce qui peut se mettre en place lors d'un kidnapping de ce genre, le récit est précis et particulièrement intéressant.

Un thriller époustouflant de réalisme. L'intrigue se met en place doucement, et une fois lancée, on ne décroche plus ! Rebondissements, suspense, l'auteur nous tient en haleine jusqu'au bout. Cette plongée captivante au cœur de la piraterie et des commandos marine constitue une lecture passionnante et dépaysante.

samedi 15 octobre 2016

"Été pourri à Melun Plage", de Nicolas Duplessier

Résumé :

Florian traîne son mal de vivre dans les rues de Melun, entre un boulot minable et une vie sentimentale sans joie.
De morose, son existence devient vraiment pourrie le jour où Roxane, l’ex-grand amour de sa vie, est portée disparue.
Très vite dans la ligne de mire des policiers, Florian doit mener sa propre enquête et se confronter à ses fantômes, découvrant une histoire qui le dépasse et la tonne d’emmerdes qui l’accompagne.
Été pourri à Melun-Plage est un roman noir et cinglant qui raconte la descente aux enfers d’un loser pas du tout magnifique.


Titre : Été pourri à Melun Plage
Auteur : Nicolas Duplessier
Editeur : Atelier Mosésu
Pages : 260



Mon ressenti :

C'est intéressant de lire un livre dont les évènements se déroulent dans des lieux que l'on connait depuis de nombreuses années. Cela rend l'ambiance particulière, on pose des paysages connus sur des descriptions au lieu de les imaginer, le côté réaliste que peut avoir l'histoire se voit renforcé.

En l'occurrence, l'auteur décrit ici la ville de Melun avec justesse. C'est une fiction, certes, mais Melun et ses environs semblent on ne peut plus ancrés dans la réalité. Un décor sinistre bien planté.

L'histoire ne manque pas de rythme et on se trouve rapidement plongé dans cette sombre enquête, menée par un personnage paumé.
L'action va crescendo, et l'intrigue habilement ficelée se démêle dans les derniers chapitres où la tension est à son comble.

Un premier roman noir auquel on accroche vite, grâce à une écriture au style incisif, sans fioriture et concise, une touche d'humour, et une intrigue bien menée.

mardi 11 octobre 2016

"Creuse la Mort", de Paul Clément

Résumé :

« Que feriez-vous si chaque nuit une fosse était creusée dans votre jardin ?

Vous la rebouchez ; une nouvelle vous y attend le lendemain. Vous interrogez les autorités ; nul ne vous répond.

C'est la situation à laquelle Frédéric, un banquier de province, est confronté lorsqu'il découvre un beau matin une mystérieuse fosse en plein milieu de sa pelouse. Décidé à en découvrir l’origine, il est loin de se douter de l'ampleur que les événements vont bientôt prendre. Et s'il creusait sa propre tombe ? Celles de sa famille et de ses proches ?

Enfoncez-vous dans l'horreur avec Creuse la Mort. »


Titre : Creuse la Mort
Auteur : Paul Clément
Editeur : autoédition
Pages : 358 (édition collector)



Mon ressenti :

Mystère, interrogations, surnaturel, stupeur, doute... voici quelques-uns des ingrédients qui composent "Creuse la mort". Et je dois dire que la sauce prend plutôt bien !

À la découverte des événements étranges auxquels doit faire face le héros, on est tout d'abord saisi par la curiosité. Tout comme lui, on s'interroge, d'où viennent ces trous ? Que sont-ils ? Que signifient-ils ? Des faits particulièrement intrigants, on veut en apprendre davantage.

On assiste ainsi à la descente aux enfers de Frédéric, dans laquelle il entraîne peu à peu son entourage. On est tiraillé entre plusieurs idées, pendant une bonne partie du roman. Sombre t-il dans la folie ? Est-il l'auteur de ces événements ? Rêve t-il ? Ou bien est-il le seul à observer cette dangereuse réalité ?
Ces interrogations nous tiennent en haleine tout au long de cette lecture bien rythmée.

Petit à petit, on commence à cerner ce danger et à trouver des réponses à nos questions.
Parallèlement, la tension est de plus en plus palpable, elle monte crescendo jusqu'aux derniers événements où l'action est plus que jamais au rendez-vous.

Une histoire sombre, parfois glauque, et mystérieuse, le tout servi par une plume fluide, sans temps mort. Une lecture prenante et originale. Seconde réussite pour cet auteur à suivre !


A noter que les illustrations de la version collector mettent parfaitement en scène l'ambiance de cette histoire. Un bonus appréciable.


Mon avis sur "Les Décharnés", premier roman de Paul Clément, c'est par ici !

mercredi 5 octobre 2016

"Police", de Hugo Boris - #MRL16

Résumé :

Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 

Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 

En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?



Titre : Police
Auteur : Hugo Boris
Editeur : Grasset
Pages : 198


J'ai eu la chance de recevoir ce roman à l'occasion des Matchs de la Rentrée Littéraire de PriceMinister #MRL16.



Mon ressenti :

On a l'impression de vivre les événements aux côtés de ces policiers, des protagonistes particulièrement bien dépeints, aussi bien dans leurs caractères que dans leurs ressentis. On essaye de se mettre à leur place, on ressent de l'empathie à leur égard, on s'interroge quant à la difficulté de leur quotidien.

Cet homme, qu'ils reconduisent à la frontière, va peu à peu briser leurs certitudes... Ils le savent condamné s'il retourne dans son pays. Le trajet vers l'aéroport sera loin d'être une balade tranquille, laissant le doute s'installer peu à peu dans leur esprits.

L'écriture est sans fioritures, à la fois sensible et précise. J'ai accroché dès le début. C'est fluide, ça se lit tout seul, on est captivé jusqu'à la fin.

Un récit empreint de réalisme, percutant, bien loin des clichés, à l'atmosphère parfois pesante. Une lecture intense et bouleversante qui se savoure d'une traite !

dimanche 2 octobre 2016

"Les loups de Sherwood", de Nicolas Digard

Résumé :

" - Quel est ton nom, messire ? 
- Robin. 
- Robin d'où ? 
- Robin de nulle part. Je ne veux plus dépendre d'aucune terre. La vieille caresse la capuche de loup de ses doigts minces. 
- Robin Hood..., dit-elle en appuyant le mot. Que Dieu te garde. " 
1189 : le royaume Plantagenêt, qui s'étend de l'Écosse à l'Aquitaine, est ruiné par la croisade d'un roi Richard élevé en Poitou qui ne parle pas un mot d'anglais et déteste l'Angleterre. Le quotidien est sombre et violent, pour les modestes paysans qui s'efforcent de survivre aux hivers rigoureux comme pour les noblions qui tentent d'assouvir leur ambition au prix des plus viles bassesses. 
Dans ce contexte troublé, Robin de Loxley, homme révolté, dévoré par la vengeance et l'ambition, fin stratège, chef de bande violent et tyrannique, construit sa légende. Lorsqu'il s'empare lors d'un pillage de la jeune Marianne de Beaumont, le Loup de Sherwood est loin d'imaginer le destin qui les attend. 
Voici leur histoire, bien loin de la version romantique que nous connaissions.


Titre : Les loups de Sherwood
Auteur : Nicolas Digard
Editeur : Plon
Pages : 480



Mon ressenti :

Allez, je vous l'avoue, jusqu'ici, Robin des Bois, c'était principalement pour moi l'image de Kevin Costner ou encore le renard au cœur de tendre de Disney. Eh oui ! Lorsque j'ai vu les promesses affichées par ce livre, j'étais très intriguée, j'avais bien envie de repartir de zéro, élargir mes horizons, et ainsi redécouvrir un Robin des Bois sous un aspect totalement différent.
Au final, je ne suis pas déçue du voyage dans les bois de Sherwood !

Robin des Bois campe ici un personnage sombre et froid, animé par un profond désir de vengeance.
Il est loin le roi des voleurs tel qu'on le connait ! Ce mythe est totalement balayé, on le redécouvre via une version bien plus violente, plus âpre. Venir en aide aux plus démunis est-il son but réel ou bien seulement un prétexte à sa soif de vengeance ? Lui-même semble l'ignorer. Un "roi des voleurs" dont le titre sonne on ne peut plus juste, que ce soit dans ses actions ou son caractère.

Quant à Marianne, elle est loin d'être épargnée. Un destin éprouvant l'attend, et sa rencontre avec Robin n'a rien de romantique.

Une histoire qui vaut le détour, habilement revisitée, une belle (re)découverte dans un Moyen-Age difficile mais non moins passionnant.

dimanche 25 septembre 2016

"Totally Nuts", de Cha Raev

Résumé :

"Buster est un sale con. C’est un fait avéré et l’accident de parachute qui l’a cloué en fauteuil roulant n’a pas contribué à adoucir son caractère d’ours mal léché. Sans même s’en rendre compte, il tient tout le monde à distance.
Jusqu’au jour où un géant blond débarque avec son équipe de rugby dans le pub de Buster. Nuts, lui, se fiche complètement des défenses érigées par l’irascible cuisinier. Toute la question est de savoir si ce dernier acceptera de se laisser attraper aussi facilement.


Titre : Totally Nuts
Auteur : Cha Raev
Editeur : Mix Editions
Pages : 200



Merci au blog Book Kyûden et Mix Editions pour cette découverte !


Mon ressenti :

Cette romance, qui se lit très facilement grâce à une écriture limpide et sans fioritures, évoque le handicap avec justesse, que ce soit dans les relations avec les autres ou dans les gestes du quotidien.

Des personnages hauts en couleur se révèlent dans cette histoire empreinte d'une certaine douceur, agrémentée d'une touche d'humour. Les traits de caractère des protagonistes sont bien exploités et on prend plaisir à les découvrir, à les voir évoluer, aussi bien humainement que sentimentalement.

La nouvelle qui clôture le tout est un petit bonus appréciable pour satisfaire notre curiosité.

Un livre que l'on referme en souriant... et avec l'envie d'aller déguster un fish & chips !

jeudi 22 septembre 2016

"Les Décharnés", de Paul Clément

Résumé :

"Une journée de juin comme une autre en Provence. Blessé à la cheville, Patrick, un agriculteur de la région, asocial et vieillissant, ne souhaite qu'une chose : se remettre au plus vite pour retrouver la monotonie de sa vie, rythmée par un travail acharné. 

Mais le monde bascule dans l'horreur lorsque les automobilistes, coincés dans un embouteillage non loin de chez lui, se transforment soudain en fous assoiffés de sang... de sang humain. S'il veut survivre, Patrick doit non seulement faire face à ces démons qui frappent à sa porte mais aussi à ceux, plus sournois, qui l'assaillent intérieurement. Et si cette petite fille, qu'il prend sous son aile, parvenait à le ramener, lui, vieux loup solitaire, dans le monde des vivants ?" 


Titre : Les Décharnés
Auteur : Paul Clément
Editeur : autoédition
Pages : 325


Mon ressenti :

Paul Clément nous embarque dans une Provence devenue cauchemardesque, peuplée de zombies assoiffés de sang.
Et si, du jour au lendemain, notre petit monde plus ou moins tranquille s'effritait brutalement ? Comment réagirions-nous ?
C'est via un style fluide et très visuel que l'auteur, dont on ressent la passion pour ce thème, répond de façon plausible à ces questions. Certains êtres humains affirment ainsi leur caractère, tandis que d'autres révèlent leur vraie nature, pour le meilleur... ou pour le pire.

Dans ces paysages où le danger est désormais omniprésent, on découvre cet homme, cynique au premier abord, et cette fillette innocente. Tous deux forment ainsi un duo improbable mais finalement attachant, tentant de sauver leur peau dans ce monde devenu fou. On suit avec intérêt l'évolution de leur relation, oscillant entre méfiance et confiance.

L'histoire est bien rythmée, ponctuée de rencontres et autres rebondissements, et l'atmosphère se révèle parfois angoissante. Un livre qui se dévore de la même manière que l'on peut enchaîner les épisodes d'une série TV prenante.

Un premier roman très réussi, à l'intrigue habilement menée, captivant jusqu'aux dernières pages.

dimanche 18 septembre 2016

"Les promesses de la Nouvelle France", de Muriel Meunier

Résumé :

1668. Attiré par les promesses du Nouveau Monde, Jean-Baptiste quitte sa Normandie natale pour s’établir de l’autre côté de l’Atlantique, sur les rives du Saint-Laurent. Il entraîne dans son sillage son ami Jacques, contraint de fuir avec sa famille. Dans cette Nouvelle France au climat si rude, Jean-Baptiste découvre une séduisante liberté. Il reconstruit sa vie, aux côtés des paysans, commerçants et aventuriers. Jusqu’au jour où le fils de Jacques est enlevé par des indigènes, et où Jean-Baptiste est accusé de meurtre. L’existence du colon prend alors un tournant aussi inattendu que dangereux. Il devient arpenteur du roi, espion de l’intendant, et fait l’apprentissage de la vie sauvage dans de grands espaces vierges. Confronté à de nombreux dangers, Jean-Baptiste fera tout pour retrouver l’enfant de son ami et échapper à l’acharnement d’un impitoyable ennemi…


Titre : Les promesses de la Nouvelle France
Auteur : Muriel Meunier
Editeur : Terre d'HistoireS (City)
Pages : 320


Mon ressenti :

Embarquement pour la Nouvelle France.
Après une traversée éprouvante, ce sont les promesses d'une nouvelle vie qui attendent les protagonistes. Ces personnages variés vont ainsi découvrir une contrée à la nature sauvage et partir à la rencontre de cette faune, cette flore, ces peuples d'indiens, et bien sûr, leur nouveau destin.

Lorsque le passé rattrape le présent, les ennuis se profilent à l'horizon. Parviendront-il malgré tout à assouvir leur soif de liberté ?
Des aventures parfois périlleuses portées par une écriture soignée, sans fioritures.
Rencontres, amour, dépaysement, et manipulations sont au rendez-vous, le tout ponctué par de nombreux rebondissements, de quoi captiver le lecteur jusqu'aux dernières lignes.

Ce roman historique mêle habilement histoire, aventure, suspense et émotions, ce qui en fait un très agréable moment de lecture.

mercredi 14 septembre 2016

"Distorsion", de Benoîte Raux

Résumé :

Distorsion est le destin croisé de trois femmes au caractère bien différent. Trois femmes à la recherche du sens de l’existence. Trois femmes dans le tourbillon de la violence et de l'amour, qui devront affronter les attentats de Paris. 
La première connaîtra un destin héroïque ; la deuxième attendra en vain celui qu'elle aime ; la troisième s'en sortira indemne et décidera de changer sa vie du tout au tout ...


Titre : Distorsion
Auteur : Benoîte Raux
Editeur : Librinova (autoédition)
Pages : 191


Un grand merci au blog Echappee-Litteraire ainsi qu'à Benoîte Raux pour l'organisation du concours m'ayant permis d'obtenir un exemplaire dédicacé de ce livre.


Mon ressenti :

Trois portraits de femme, des trajectoires différentes, et pourtant, un même drame.
De telles femmes, on peut en connaître dans notre entourage, on peut même s'identifier à elles. Leurs craintes, leurs interrogations, leurs parcours, sont autant de choses qui peuvent nous ramener à notre propre histoire.
Cet événement dramatique s'avère être une source de remise en question. Côtoyer la mort, c'est forcément un bouleversement, ça laisse des traces. Lorsque tout bascule, revoir ses priorités peut être essentiel pour renouer avec la vie.
Le monde dépeint dans Distorsion semble très proche du nôtre, donnant à réfléchir sur notre société individualiste. L'auteur pointe du doigt ses travers avec une grande justesse.
Les relations humaines, leur complexité, leur force et leur fragilité ne sont pas en reste et sont largement mises en avant à travers ces différents parcours.

Tous ces éléments, porteurs de réflexion, constituent un récit touchant et réaliste qui ne laisse pas le lecteur indifférent.

mardi 13 septembre 2016

"Lettre à la république des aubergines", de Abbas Khider

Résumé :

Pour avoir participé à une soirée entre amis autour d’un livre interdit par le régime de Saddam Hussein, Salim, jeune étudiant irakien, est arrêté par la police et risque une lourde peine de prison. N’ayant pas d’autre choix que de fuir un pays où les habitants manquent de tout sauf d’humour et d’aubergines, il trouve refuge en Libye. Sans nouvelles de ses proches, son seul but est désormais de faire parvenir, en déjouant la censure, une lettre à sa fi ancée pour l’assurer de son amour fi dèle. De « Kadhafi  City » à Bagdad City, en passant par Le Caire et Amman, son courrier, confi é à un réseau clandestin, suit un étrange et périlleux parcours, au fi l de chapitres souvent drôles et parfois glaçants qui dressent un portrait surprenant du monde arabe.


Titre : Lettre à la république des aubergines
Auteur : Abbas Khider
Editeur : Piranha
Pages : 144


Mon ressenti :

J'ai commencé cette lecture avec entrain, intriguée par son résumé original, mais je le referme quelque peu déçue.

J'ai apprécié suivre les quelques morceaux de vie de ces différents personnages, leurs préoccupations ou encore leurs ressentis au sujet de leurs régimes politiques. Dépaysant en bien des aspects.
Cette lettre, qui voyage de main en main, est ainsi le prétexte pour nous faire découvrir le quotidien de ces hommes et femmes que l'on quitte parfois trop brusquement. L'idée du cheminement de ce fameux courrier est bonne, mais j'aurais aimé en savoir un peu plus sur ces personnages qui sont autant de fenêtres ouvertes sur ce monde arabe.
Le roman est vraiment court, et quelques dizaines de pages supplémentaires auraient peut-être permis de mettre encore plus en relief la vie de ces individus, en particulier les principaux intéressés par cette lettre.

Une lecture agréable et instructive, avec une jolie palette de personnages que l'on quitte cependant un peu trop vite à mon goût.

vendredi 9 septembre 2016

"La Loi du Désert" de Franck Ferric

Résumé :

« Après des siècles de conflits, le monde n’est plus qu’un vaste désert où des Cités-État se sont substituées aux nations. Dans cet univers hostile et décadent, Mathian, soldat dans l’Armée Républicaine de Salina, aidé de son ami Blaine, part à la recherche de son frère Raul, récemment banni de la cité. Ils vont devoir affronter les grands espaces, la chaleur, une violence omniprésente et un adversaire insaisissable : les blafards.
Plus qu’un récit d’aventure, La Loi du Désert est une ode à l’amitié et à la fraternité. Un Road-Movie hors du temps… un formidable roman d’anticipation. »


Titre : La Loi du Désert
Auteur : Franck Ferric
Editeur : Editions du Riez
Pages : 292


Mon ressenti :

Du sable, du sable, et encore du sable. Des villes ravagées. Des personnages, abîmés, eux aussi. Cet univers hostile m'a très vite fait penser à celui de Mad Max, un monde peu accueillant où le danger est omniprésent, mais que l'auteur parvient à rendre fascinant.

Nous suivons les histoires parallèles de deux frères bravant les difficultés de ce décor désertique, ponctuées de rebondissements et de rencontres, heureuses ou non. Les pages se tournent sans ennui, avec toujours plus de curiosité au fur et à mesure que l'on progresse dans ces aventures.

Un excellent moment de lecture à travers ce voyage qui amène à réfléchir sur notre propre vie, porté par une plume fluide et plutôt visuelle. Un récit tellement captivant qu'il ne serait pas déplaisant de poursuivre la découverte de ce monde post-apocalyptique. Une réussite !

jeudi 1 septembre 2016

"La mémoire des embruns" de Karen Viggers

Résumé :

Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.
Une femme au crépuscule de sa vie, un homme incapable de savourer pleinement la sienne, une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse.


Titre : La mémoire des embruns
Auteur : Karen Viggers
Editeur : Le Livre de Poche
Pages : 576


Mon ressenti :

Un roman passionnant qui fait voyager le lecteur, le fait rêver, et parvient à l'émouvoir.
On se plaît à imaginer ces paysages, on s'évade à travers les lignes. Les descriptions sont nombreuses mais toujours bienvenues, idéales pour s'imprégner de l'ambiance des lieux. Il ne manque pas grand chose pour sentir la morsure du vent !

Les personnages, tous très différents, sont parfaitement campés, chacun avec leur propre caractère.
J'ai vraiment pris plaisir à suivre leurs histoires, leurs secrets de famille, leurs rencontres, leurs regrets et leurs rêves.

Une lecture captivante et touchante à savourer.

dimanche 21 août 2016

"Les ombres de Canyon Arms" de Megan Abbott

Résumé :

1953. Penny Smith débarque à Hollywood, des rêves de gloire plein la tête. Entre promesses de contrats et premiers rôles bidons, elle déchante rapidement et devient maquilleuse pour un studio. À Canyon Arms elle découvre le bungalow de ses rêves, s’y installe malgré les étranges rumeurs dont lui parlent ses voisins. Mais la mémoire du lieu refait surface lorsqu’elle découvre un étrange message laissé sur le mur de la cuisine par l’ancien locataire.


Titre : Les Ombres de Canyon Arms
Auteur : Megan Abbott
Editeur : Ombres Noires
Pages : 128


Mon ressenti :

Cette nouvelle qui oscille entre rêve et réalité nous dépeint le portrait d'une femme dont le destin s'assombrit peu à peu. La découverte du bungalow dont elle rêvait n'y changera rien, bien au contraire.

Le récit, plutôt fluide, restitue idéalement l'atmosphère de ce Hollywood des années 50.
La fin n'explique pas tout, elle laisse le soin au lecteur de tirer ses propres conclusions, même si la petite interview qui suit nous donne des pistes.

Une lecture agréable que j'espérais toutefois un peu plus surprenante.

vendredi 19 août 2016

"Room", de Emma Donoghue

Résumé :

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des enfants de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à ses questions. Celle-ci occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il vit seul avec elle dans la même pièce, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais la mère fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec lui. Jusqu’au jour où elle comprend qu’elle ne peut pas continuer à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.


Titre : Room
Auteur : Emma Donoghue
Editeur : Le Livre de Poche (éditeur d'origine : Stock)
Pages : 456


Mon ressenti :

Intriguée par le résumé de ce livre, je viens d'en tourner les dernières pages.
Ce fut une excellente découverte.

Le style narratif m'a quelque peu déroutée au début de ma lecture. Cela n'a pas duré bien longtemps, je me suis rapidement habituée à cette narration qui s'avère finalement convaincante. A travers ce regard enfantin, l'auteur apporte une touche originale qui porte idéalement l'histoire des protagonistes, tout en lui apportant une certaine douceur.

Lorsque l'on commence à comprendre la situation, il devient difficile de lâcher Jack et sa mère. Que vont-ils devenir ? Vont-ils s'en sortir ? Le thème de la séquestration me semble être abordé avec réalisme. L'auteur démontre un talent certain, les pages se dévorent !

Un fait divers sordide relaté via une histoire touchante, captivante et pleine d'espoir.

dimanche 26 juin 2016

"En attendant Doggo", de Mark Mills

Résumé :

Dire de Dan qu'il traverse une mauvaise passe serait très en dessous de la réalité : alors qu'il vient de perdre son boulot, sa petite amie lui annonce qu'elle le quitte. Cerise sur le cupcake, elle lui laisse Doggo, le chien le moins sexy que la Terre ait porté, mélange inédit de labrador et de pékinois.

Malgré leur méfiance réciproque, l'un et l'autre ont un point commun : leur profonde solitude. Et tandis que Doggo révèle peu à peu d'improbables charmes, dont un étonnant capital sympathie, assorti d'une inexplicable fascination pour l'actrice Jennifer Aniston, Dan, lui, fendille sa carapace de trentenaire égocentrique pour dévoiler une âme sensible, qui n'attendait que de prendre soin d'un autre...

Entre l'animal revêche à moitié chauve et le loser patenté, c'est le début d'une véritable et hilarante complicité. Nouveau job, nouvelles conquêtes, nouveau destin... Et si Dan avait rencontré en Doggo son plus formidable allié, le plus inattendu des Cupidon ?


Titre : En attendant Doggo
Auteur : Mark Mills
Editeur : Belfond
Pages : 298


Mon ressenti :

J'ai passé un très agréable moment en compagnie de Doggo. L'histoire touchante de ce petit chien et de son humain, Dan, agrémentée d'une touche d'amour, d'un zeste d'humour, et animée par des personnages variés et parfois attachants, s'avère être une belle découverte.

Ce roman se lit sans effort, c'est limpide, facile à lire, captivant, on sourit et Doggo parvient également à nous émouvoir. Il est difficile de ne pas se prendre d'affection pour ce petit être à quatre pattes.

Le monde de la publicité y est dépeint avec justesse, et plus généralement le monde professionnel et ce qu'il implique : la concurrence, la jalousie, les coups bas, les rapports avec les collègues. On navigue dans cet univers avec plaisir tout en suivant l'évolution de la vie de Dan et Doggo, un couple finalement pas si improbable qu'il n'en a l'air...

Un roman feel-good qui donne le sourire, une lecture légère, rafraîchissante et très sympathique.

jeudi 23 juin 2016

"Mise en cène", de Wayne Williams et Darren Allan

Résumé :

Deux jours après la crucifixion de Jésus, Judas l’Iscariote est rongé par la culpabilité. Pour trente deniers, il a livré le fils de Dieu, mais ses profits risquent d’être de courte durée… Son ami Gédéon a été sauvagement assassiné et peu après, Judas a découvert chez lui un message anonyme : « Je sais ce que tu as fait. » Quelqu’un a décidé de lui faire payer sa trahison, à lui et à tous ses proches, mais qui ?
À Jérusalem, tout est possible. Des plus hauts fonctionnaires romains qui s’encanaillent dans les bas-fonds de la ville aux complots murmurés dans les couloirs du Temple, tout le monde a quelque chose à cacher. Pour expier sa faute et arrêter la malédiction, le félon ne voit qu’une solution… Mais n’est-il pas trop tard pour échapper à cette vengeance sanglante ?


Titre : Mise en cène
Auteur : Wayne Williams et Darren Allan
Editeur : Fleuve Editions
Pages : 368


Mon ressenti :

Un thriller où figurent Jésus et ses apôtres, c'est sacrément original, non ?
C'est principalement la raison pour laquelle j'ai voulu me plonger dans ce livre, j'étais curieuse de découvrir ce contexte atypique.
Je dois dire qu'à ce niveau, je n'ai pas été déçue. A plusieurs reprises, des flashbacks de mes quelques années de catéchisme ont resurgi. Pourtant, on est d'accord, c'est une fiction, mais elle emprunte plusieurs scènes connues et certaines avaient donc pour moi un petit goût de déjà vu. C'était une sensation étrange mais non désagréable.
Cet aspect historique est plutôt convaincant, que ce soit au niveau de la restitution de l'époque ou de certains faits (tels qu'on les connaît au travers des écrits).

C'est dans ce cadre bien particulier que l'on suit Judas, qui suite à sa trahison, tente d'échapper à une vengeance sanglante... Et le mot est faible ! On assiste en effet à des scènes atroces, et on se demande qui peut bien en vouloir à ce point à Judas.
L'intrigue est bien menée, les événements ponctuent régulièrement le récit, je ne me suis pas ennuyée, mais j'ai été quelque peu déçue par la révélation finale. J'aurais aimé m'attendre à autre chose et j'ai trouvé ce dénouement vite expédié.

J'attendais plus de cette histoire, mais elle m'a tout de même fait passer un bon moment. Un thriller particulièrement original de par son contexte, un choix audacieux de la part des auteurs, mais une fin qui ne m'a pas complètement convaincue.

lundi 13 juin 2016

Mes acquisitions du mois de mai 2016

Bon, c'est presque la mi-juin, il serait temps de parler des petits nouveaux du mois de mai, non ?
Eh oui, ma bibliothèque n'est pas encore au régime, elle se porte bien et s'alimente régulièrement. Le mois de mai ne déroge pas à la règle.

Par contre niveau lecture, je n'arrive pas à me concentrer du coup je traîne depuis fin mai. Quelques petites choses me tracassent et je n'ai donc pas l'esprit totalement tranquille pour me plonger dans mes lectures. C'est agaçant car ce n'est pas l'envie de lire qui me manque. Tant pis, ça reviendra lorsque ces soucis seront réglés.

Allez, voici donc les nouveaux venus du mois de mai !

Commençons par les achats neufs...
- "Un été 48" d'Emmanuel Prost : J'avais beaucoup aimé ses précédents romans "Les Enfants de Gayant" et "La Descente des Anges", des histoires prenantes et émouvantes, dans un cadre toujours très intéressant. Du coup, je ne pouvais pas louper cette nouvelle sortie qui m'attend maintenant dans ma bibliothèque.
- "Sacré temps de chien" de James Holin : J'ai lu de bons retours sur ce polar, j'ai donc cédé à la curiosité.
- "Ne mords pas la main qui te nourrit" de A.J. Rich : La quatrième de couverture m'a intriguée, j'ai tenté, j'ai adoré ce thriller.
- Les trois premiers tomes de la saga historique "Les Mystères de Druon de Brévaux" de Andrea H. Japp : Une plongée dans l'histoire, des enquêtes, voilà des éléments qui me plaisent.




Passons aux achats d'occasion "comme neuf", sur PriceMinister.
Je ne vais pas citer tous les titres, voici les photos.





Quelques achats d'occasion chez Boulinier, tous en excellent état :



Et enfin, quelques titres gagnés via des concours, ou bien la Masse Critique Babelio en ce qui concerne "Enfuir l'hiver" qui fut une excellente découverte.

J'espère pouvoir bientôt reprendre mon rythme de lecture habituel et ainsi vous proposer de nouveau mes ressentis. A bientôt !