lundi 31 octobre 2016

"A la merci des rois", de Penny Watson Webb

Résumé :

À la mort de Clovis en 511, le royaume franc est divisé. Clotaire, l’un de ses descendants, n’a qu’une ambition : évincer tous ceux qui auraient l’affront de croiser son chemin vers la couronne. En Austrasie, terres nées du partage entre les fils de Clovis, un bâtard royal orphelin, Ubald, reçoit l’éducation d’un prince et s’engage aux côtés de Clotaire. Mais sa loyauté envers lui sera mise à rude épreuve.

Ubald croisera la route de la belle et courageuse Adélaïde, fille idéaliste et sensible qui grandira protégée derrière les murs du couvent de Poitiers, premier monastère pour femmes, fondé par la reine Radegonde.

Plongée au cœur d’un machiavélique complot, Adélaïde est considérée comme traîtresse aux yeux du roi Clotaire qui enverra Ubald à sa rencontre.

Ubald devra choisir entre amour et fierté, Adélaïde entre amour et liberté. Pour survivre ensemble ils devront apprendre à marcher dans les pas de l’autre, à abandonner toutes leurs certitudes, sans jugements, ni faux-semblants.


Titre : A la merci des rois
Auteur : Penny Watson Webb
Editeur : VFB Editions
Pages : 232


Merci aux Editions VFB, grâce à qui j'ai eu la chance de découvrir ce titre à l'issue d'un concours organisé sur leur page Facebook. Merci également à Penny Watson Webb pour sa dédicace.


Mon ressenti :

La courte introduction de l'auteur permet de situer le contexte, chose appréciable, puisque l'on n'est pas forcément familier avec cette époque. C'est succinct, suffisant, le lecteur sait ainsi à quoi s'attendre.

Une fois ce cadre historique assimilé, on plonge rapidement dans cette histoire où se mêlent aventure, romance, violence ou encore complots. Un mélange où chacun de ces aspects est dosé avec justesse.
L'écriture limpide et sans fioritures de Penny Watson Webb rend la lecture fluide. L'auteur va à l'essentiel, le récit est par ailleurs bien rythmé et ponctué de rebondissements.
Cette époque de notre Histoire est habilement abordée. Rien n'est joué d'avance, chacun peut tout perdre du jour au lendemain, jusqu'à son nom, quel que soit son rang.
Le voyage dans le temps est réussi, on est dépaysé par ces personnages, leurs vies, leurs manières et leurs traditions.
Le devenir des protagonistes, pour la plupart hauts en couleur, nous préoccupe. On prend plaisir à les découvrir et à les voir évoluer au fil des pages.
La romance, sans être omniprésente, est le fil conducteur de cette lecture. Elle parvient à nous captiver jusqu'à la dernière page, ne laissant aucune place à l'ennui, et sans jamais tomber dans la mièvrerie.

Dotée d'un aspect historique convaincant, cette romance est réussie. Son titre est on ne peut mieux trouvé et le tout constitue un agréable moment de lecture.



A noter :

Un petit bémol que je destine plutôt à l'éditeur : des fautes subsistent dans le texte, et leur nombre n'est pas dérisoire.
Cela casse un peu le rythme de lecture quand on tombe sur l'une d'entre elles, l’œil s'arrêtant dessus. Cela ne m'a pas empêché d'apprécier ce saut dans l'histoire, mais un plus grand sérieux apporté aux corrections serait appréciable.

vendredi 28 octobre 2016

"Black Coffee", de Sophie Loubière

Résumé :

Narcissa, Oklahoma, juillet 1966. Un jour de grand beau temps, un homme fut pris d’un coup de folie. Il égorgea une femme dans une maison et poignarda une petite fille dans le jardin. Il laissa pour morte une mère de famille et son fils, puis repartit à bord d’une Ford Mustang, couvert de sang.

Été 2011. Une Française, Lola Lombard, part à la recherche du père de ses deux enfants, volatilisé sur la route 66. Sa seule piste : un cahier que son mari lui aurait envoyé et qui pourrait bien être la preuve de l’existence d’un des plus ahurissants criminels que les États-Unis aient connu… et dont le chemin traversait déjà la petite ville de Narcissa à l’été 1966.


Titre : Black Coffee
Auteur : Sophie Loubière
Editeur : Pocket
Pages : 624


Mon ressenti :

Cette Amérique, et plus précisément cette route 66 et ses environs m'ont littéralement fait voyager, ce qui confère à ce roman un aspect dépaysant particulièrement agréable.

Evidemment, l'histoire en elle-même n'est pas en reste, ou plutôt ces histoires parallèles, qui finissent par se croiser... tel un puzzle que l'on reconstitue petit à petit, avec son lot de rebondissements.

Des personnages aussi variés qu'intéressants nous emmènent à la recherche de la vérité et de leur passé. Un parcours ponctué de fausses pistes dont le rythme s’accélère à l'approche du dénouement.

Une lecture assez fascinante qui nous embarque sur cette route 66 mythique et son ambiance particulière. L'histoire est bien rythmée et nous captive jusqu'à son final inattendu.

samedi 22 octobre 2016

Interview : Nicolas Duplessier, auteur de "Été pourri à Melun Plage"

Dernièrement, je faisais l'agréable découverte d'un roman, "Été pourri à Melun Plage", de Nicolas Duplessier, dont une bonne partie de l'intrigue se déroule à Melun.

J'étais assez curieuse, d'une part grâce à son titre qui a su me faire sourire, et d'autre part en raison du choix de cette ville de Melun.
Je suis née à Melun, j'habite juste à côté de cette ville, j'y ai fait une bonne partie de ma scolarité, et aujourd'hui encore je m'y rends régulièrement.

Bref, j'ai vu cette ville évoluer au fil des années, et la voir être le théâtre d'un roman, noir qui plus est, je n'ai pas longtemps résisté à la tentation.

Merci à Nicolas Duplessier de m'avoir accordé un peu de son temps pour répondre à quelques questions. Ses réponses vous permettront de mieux cerner l'auteur et vous donneront peut-être l'envie de découvrir son roman.



Impossible de ne pas évoquer ce titre accrocheur, "Été pourri à Melun Plage", qui colle parfaitement au roman. D'où t'es venue cette idée ?


Notre rencontre et ta question m’ont donné envie de faire un saut dans le passé et de regarder les premières versions de mon manuscrit, mes premières tentatives d’écriture. Le titre que j’avais en tête, à cette époque lointaine, n’avait rien à voir. L’ambiance n’était pas aussi « pluvieuse » et l’intrigue se déroulait à …. Paris. Super original… Je te parle d’une version du manuscrit en 2007 ou 2008. Je tâtonnais, affûtais mon écriture.

"Quelque chose de pourri
au royaume d'Angleterre",
de Robin Cook
J’ai eu un « déclic » en regardant le film La Clef, dernier volet de la trilogie policière de Guillaume Nicloux. Dans ce film, le personnage central, Guillaume Canet est un petit bourge installé et suffisant, soudain confronté au monde des truands. J’ai eu envie moi aussi de créer un anti-héros se retrouvant mêlé à une histoire qui le dépasse, un type pas vraiment armé pour lutter à armes égales avec un monde inhospitalier. Cela faisait écho aux romans que je lisais. Quand je me suis mis à lire sérieusement, j’ai démarré avec du Patricia Cornwell, du Harlan Coben. Plus tard, j’ai mis un pied dans la Série noire. Pour très vite y plonger à fond et découvrir des auteurs Ellroy, Harry Crews, Jim Thompson, Chandler, Hammett, McBain, Dantec, Cook… Une claque. Une ambiance. Une époque. C’est de là que m’est venu l’amour du noir. En parallèle, je matais des films noirs, des classiques du genre comme Double Indemnity de Billy Wilder ou Laura d’Otto Preminger.
C’est tout ça qui a nourri mon univers.

Pour revenir au titre, il m’est venu après la lecture de  « Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre (A State Of Denmark) » de l’écrivain britannique, Robin Cook, un roman noir bouleversant et traumatisant. Pour toujours l'un de mes livres de chevet. Je conseille vivement la lecture.


"La clef", un film de Guillaume Nicloux (photo © SND)



Loin de moi l’envie de spoiler l’intrigue, mais y a-t-il un passage que tu as particulièrement aimé écrire ?


Non pas un passage en particulier, mais plutôt les dialogues d’une façon générale. Sans hésitation.
J’ai une passion pour le cinéma et, ce n’est pas un scoop, les dialogues y ont une place importante.


La ville de Melun occupe une place importante dans ton roman. Pourquoi ce choix ?


Je parlais des films de Nicloux. Guillaume est originaire de Melun et ses films s’y déroulent bien souvent. Je suis attaché à mes racines Melunaise et Seine-et-marnaise, et l’idée de créer un roman noir dans un lieu que je connais m’a tout de suite apparu excitante et motivante.
Dans le roman et le film noir, l’environnement est composé d'éléments choisis pour leur puissance expressive. Rien n’est laissé au hasard. Dans le film noir, par exemple, Los Angeles apparaît comme une ville nocturne, des entrepôts abandonnés, des quartiers dégradés par les grands ensembles. C’est ce décor qui donne une critique plus virulente. Los Angeles est LA ville du film noir. Le contraste avec le soleil californien et le rêve américain, dont le crime se révèle dès la nuit tombée, a inspiré plus d’un cinéaste et d’un écrivain. J’ai eu envie de jouer avec cette notion de contraste. L’été, mais la pluie, les barres d’HLM et cette proximité avec la forêt de fontainebleau font de Melun un protagoniste essentiel de mon livre et le cadre parfait pour un roman noir.

Melun, ses immeubles (crédit photo : Tej CC BY SA 3.0)



Comment as-tu composé tes personnages ? Ton entourage ou ton vécu t'ont-ils inspiré ?


Plusieurs de mes amis, ayant lu le manuscrit, m’ont reconnu dans certains traits de caractères de Florian.
Florian s'inscrit dans la tradition du héros cynique des polars américains des années 50-60, portant un regard désabusé sur le monde. Je voulais un personnage central sombre, au bord du précipice, qu’il fasse preuve d’imperfections. Surtout, je voulais un personnage plus accessible qu’un serial killer. Je voyais mon anti-héros comme une personnalité complexe, attachante, sensible, vulnérable. C'est d’ailleurs pour cette raison que j'ai opté pour un point de vue interne. Le lecteur s'identifie ainsi au personnage en se mettant à sa place et c'est plus facile pour lui de reconnaître des attitudes justifiées par des failles qui sont à sa portée.


Comment s'est construite l'intrigue de ton roman ? As-tu connu le syndrome de la page blanche ?


Au début de l’écriture, je n’avais qu’une vague idée de l’histoire. Je savais juste qu’une fille devait disparaître, par contre je savais exactement comment je voulais la fin. J’avais des films en tête. 8mm de Schumacher, Les Diaboliques de Clouzot, L'Homme qui voulait savoir de George Sluizer ou encore Breakdown avec Kurt Russell.
J’ai ensuite construit mon livre en ponctuant l’intrigue de tout un tas d’obstacles pour Florian. Je n’ai pas vraiment connu le syndrome de la page blanche car j’ai vraiment écrit en dilettante, quand j’en avais envie.


Jean-Baptiste Lafarge
(photo © Martin Lagardère)

On le ressent à travers ton livre, mais aussi en consultant ton site internet, tu es passionné de cinéma. Si "Été pourri à Melun Plage" devait être adapté sur grand écran, quel acteur verrais-tu incarner Florian ?


Je suis de la génération Vidéo Futur. Chaque week-end je me gavais de VHS et voulais, de façon naïve, travailler dans le cinéma. J’ai toujours rêvé de devenir réalisateur, de créer des films. A la fin des années 90, je passais mes étés dans l'Yonne et retrouvais frères et cousins pour créer des petits films inspirés du cinéma que nous aimions. Des films de karaté, des films d'horreur à la mode slasher.
YouTube n’existait pas encore, l’internet en était à ses balbutiements, nous diffusions sur les rares sites dédié au cinéma amateur et étions tous certains que nos films étaient géniaux.
Pour incarner Florian, je pense à Guillaume Canet, mais il commence à se faire un peu vieux pour le rôle. Si j’étais réalisateur et devais monter un casting je proposerai le rôle à Jean-Baptiste Lafarge (La Crème de la crème)


Comment est née cette envie d'écrire, et pourquoi le roman noir ?


Guillaume Nicloux a dit une fois qu’il s’était tourné vers l’écriture, avant de faire du cinéma, car il voulait raconter des histoires et que cela coûtait moins cher d’écrire un livre que de réaliser un film. (Pas que c’était plus facile) Cela fait écho à ma propre expérience. Dans mon univers noir et pluvieux, de pouvoir, de manipulations, de prostituées, de sexe cru et de drogues en tous genres, j’ai essayé de brosser un portrait du monde d’aujourd’hui. J’aime le Roman noir. C’est pour moi la  forme littéraire et romanesque la plus aboutie. Un outil formidable pour explorer l'éventail des émotions humaines.  


Dans quelles conditions écris-tu ?


Dans le train, casque sur les oreilles pour m’isoler du bruit. Je relis beaucoup
C’est à ce moment que la musique joue un rôle essentiel dans le processus de création.


Te souviens-tu du premier livre que tu as lu ?


Mon premier souvenir de lecture plaisir. « Mon bel oranger » de José Mauro de Vasconcelos. Un petit trésor d'émotions. Je devais avoir 13 ou 14 ans.


As-tu un personnage de fiction préféré ?


Jack Taylor, le détective privé de Ken Bruen ou Matt Scudder, le flic new-yorkais de Lawrence Block.


Un film ou un livre à nous conseiller ?


Sans hésiter les livres de Paul Colize ou encore Elisa Vix.


Après ce premier roman, d'autres projets d'écriture ? Aimerais-tu t'essayer à un autre genre ?


J’ai commencé l’écriture d’un nouveau roman.
Moins noir.
Toujours avec ce côté cinématographique et une intrigue solide. Deux histoires en parallèle, l’une se déroulant en Seine-et-Marne aujourd’hui et l’autre dans le Mexique du début des années 70.
L’écriture vient juste de démarrer.
La route est encore longue.


Pour finir, un dernier mot ?


Merci d’avoir pris le temps de lire mon roman et de m’avoir permis de m’exprimer sur ton blog.
Je ne le connaissais pas et viens de l’ajouter dans ma liste de sites à suivre. 



Quelques liens :

jeudi 20 octobre 2016

"Mission Buthacus", de François Morizur

Résumé :

Commando marine, Patrick Michel profite d'une période de remise en condition de son unité pour se ressourcer en Bretagne. Son cycle d'entrainement est brutalement interrompu lorsque son frère, capitaine de navire pétrolier opérant dans le golfe de Guinée, est kidnappé par des pirates nigérians. Ce kidnapping « ordinaire » dans cette région va bientôt se transformer, du fait de terribles interactions, en mission à haut risque. Inspirée par des faits réels, Mission Buthacus nous entraîne au cœur des lagunes de l'Afrique de l'ouest où les pêcheurs subissent autant les affres de l'exploitation pétrolière que la violence des groupes armés nigérians. L'auteur, dans un récit haletant, nous fait passer sans transition de passerelles de navire de soutien pétrolier et militaires aux mangroves boueuses en passant par les salons parisiens et les bureaux d'une société havraise plongée brutalement dans cette crise. Patrick, naturellement désigné pour conduire la mission de libération, entame une course contre la montre pour sauver son frère…


Titre : Mission Buthacus - Kidnapping en eaux troubles
Auteur : François Morizur
Editeur : Pierre de Taillac
Pages : 512


J'ai eu la chance de découvrir ce roman grâce à l'opération Masse Critique de Babelio.


Mon ressenti :

Promesse tenue ! C'est ce que j'ai envie de répondre à la phrase d'accroche présente sur la couverture : "Le plus réaliste des thrillers sur la piraterie écrit par un ancien commando marine.".

Le sujet est clairement maîtrisé. Le récit est d'une telle précision, il se révèle richement instructif sans jamais provoquer l'ennui.
J'avais une crainte, à savoir de faire face à des termes un peu trop techniques liés au monde maritime et aux commandos marines. Or, il n'en est rien. On est rapidement dans le bain, plongé dans ce monde complexe, mais finalement sans être déboussolé. L'ensemble demeure parfaitement compréhensible.

La construction de cette histoire m'a fortement plu. L'intrigue se met en place lentement, mais sûrement. Les chapitres alternent entre les différents protagonistes, on se familiarise peu à peu avec chacun d'entre eux, on partage quelques moments de leur vie, de leur quotidien, jusqu'à ce que de terribles événements s'amorcent. L'intrigue devient alors de plus en plus captivante, littéralement passionnante, d'autant plus que les rebondissements ne manquent pas. La tension monte régulièrement. Certains actes de violence sont effrayants, l'auteur n'épargne pas le lecteur. On est happé par les événements, l'intrigue est bien menée, les pages de ce petit pavé défilent rapidement. François Morizur excelle à mettre en évidence tout ce qui peut se mettre en place lors d'un kidnapping de ce genre, le récit est précis et particulièrement intéressant.

Un thriller époustouflant de réalisme. L'intrigue se met en place doucement, et une fois lancée, on ne décroche plus ! Rebondissements, suspense, l'auteur nous tient en haleine jusqu'au bout. Cette plongée captivante au cœur de la piraterie et des commandos marine constitue une lecture passionnante et dépaysante.

samedi 15 octobre 2016

"Été pourri à Melun Plage", de Nicolas Duplessier

Résumé :

Florian traîne son mal de vivre dans les rues de Melun, entre un boulot minable et une vie sentimentale sans joie.
De morose, son existence devient vraiment pourrie le jour où Roxane, l’ex-grand amour de sa vie, est portée disparue.
Très vite dans la ligne de mire des policiers, Florian doit mener sa propre enquête et se confronter à ses fantômes, découvrant une histoire qui le dépasse et la tonne d’emmerdes qui l’accompagne.
Été pourri à Melun-Plage est un roman noir et cinglant qui raconte la descente aux enfers d’un loser pas du tout magnifique.


Titre : Été pourri à Melun Plage
Auteur : Nicolas Duplessier
Editeur : Atelier Mosésu
Pages : 260



Mon ressenti :

C'est intéressant de lire un livre dont les évènements se déroulent dans des lieux que l'on connait depuis de nombreuses années. Cela rend l'ambiance particulière, on pose des paysages connus sur des descriptions au lieu de les imaginer, le côté réaliste que peut avoir l'histoire se voit renforcé.

En l'occurrence, l'auteur décrit ici la ville de Melun avec justesse. C'est une fiction, certes, mais Melun et ses environs semblent on ne peut plus ancrés dans la réalité. Un décor sinistre bien planté.

L'histoire ne manque pas de rythme et on se trouve rapidement plongé dans cette sombre enquête, menée par un personnage paumé.
L'action va crescendo, et l'intrigue habilement ficelée se démêle dans les derniers chapitres où la tension est à son comble.

Un premier roman noir auquel on accroche vite, grâce à une écriture au style incisif, sans fioriture et concise, une touche d'humour, et une intrigue bien menée.

mardi 11 octobre 2016

"Creuse la Mort", de Paul Clément

Résumé :

« Que feriez-vous si chaque nuit une fosse était creusée dans votre jardin ?

Vous la rebouchez ; une nouvelle vous y attend le lendemain. Vous interrogez les autorités ; nul ne vous répond.

C'est la situation à laquelle Frédéric, un banquier de province, est confronté lorsqu'il découvre un beau matin une mystérieuse fosse en plein milieu de sa pelouse. Décidé à en découvrir l’origine, il est loin de se douter de l'ampleur que les événements vont bientôt prendre. Et s'il creusait sa propre tombe ? Celles de sa famille et de ses proches ?

Enfoncez-vous dans l'horreur avec Creuse la Mort. »


Titre : Creuse la Mort
Auteur : Paul Clément
Editeur : autoédition
Pages : 358 (édition collector)



Mon ressenti :

Mystère, interrogations, surnaturel, stupeur, doute... voici quelques-uns des ingrédients qui composent "Creuse la mort". Et je dois dire que la sauce prend plutôt bien !

À la découverte des événements étranges auxquels doit faire face le héros, on est tout d'abord saisi par la curiosité. Tout comme lui, on s'interroge, d'où viennent ces trous ? Que sont-ils ? Que signifient-ils ? Des faits particulièrement intrigants, on veut en apprendre davantage.

On assiste ainsi à la descente aux enfers de Frédéric, dans laquelle il entraîne peu à peu son entourage. On est tiraillé entre plusieurs idées, pendant une bonne partie du roman. Sombre t-il dans la folie ? Est-il l'auteur de ces événements ? Rêve t-il ? Ou bien est-il le seul à observer cette dangereuse réalité ?
Ces interrogations nous tiennent en haleine tout au long de cette lecture bien rythmée.

Petit à petit, on commence à cerner ce danger et à trouver des réponses à nos questions.
Parallèlement, la tension est de plus en plus palpable, elle monte crescendo jusqu'aux derniers événements où l'action est plus que jamais au rendez-vous.

Une histoire sombre, parfois glauque, et mystérieuse, le tout servi par une plume fluide, sans temps mort. Une lecture prenante et originale. Seconde réussite pour cet auteur à suivre !


A noter que les illustrations de la version collector mettent parfaitement en scène l'ambiance de cette histoire. Un bonus appréciable.


Mon avis sur "Les Décharnés", premier roman de Paul Clément, c'est par ici !

mercredi 5 octobre 2016

"Police", de Hugo Boris - #MRL16

Résumé :

Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 

Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 

En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?



Titre : Police
Auteur : Hugo Boris
Editeur : Grasset
Pages : 198


J'ai eu la chance de recevoir ce roman à l'occasion des Matchs de la Rentrée Littéraire de PriceMinister #MRL16.



Mon ressenti :

On a l'impression de vivre les événements aux côtés de ces policiers, des protagonistes particulièrement bien dépeints, aussi bien dans leurs caractères que dans leurs ressentis. On essaye de se mettre à leur place, on ressent de l'empathie à leur égard, on s'interroge quant à la difficulté de leur quotidien.

Cet homme, qu'ils reconduisent à la frontière, va peu à peu briser leurs certitudes... Ils le savent condamné s'il retourne dans son pays. Le trajet vers l'aéroport sera loin d'être une balade tranquille, laissant le doute s'installer peu à peu dans leur esprits.

L'écriture est sans fioritures, à la fois sensible et précise. J'ai accroché dès le début. C'est fluide, ça se lit tout seul, on est captivé jusqu'à la fin.

Un récit empreint de réalisme, percutant, bien loin des clichés, à l'atmosphère parfois pesante. Une lecture intense et bouleversante qui se savoure d'une traite !

dimanche 2 octobre 2016

"Les loups de Sherwood", de Nicolas Digard

Résumé :

" - Quel est ton nom, messire ? 
- Robin. 
- Robin d'où ? 
- Robin de nulle part. Je ne veux plus dépendre d'aucune terre. La vieille caresse la capuche de loup de ses doigts minces. 
- Robin Hood..., dit-elle en appuyant le mot. Que Dieu te garde. " 
1189 : le royaume Plantagenêt, qui s'étend de l'Écosse à l'Aquitaine, est ruiné par la croisade d'un roi Richard élevé en Poitou qui ne parle pas un mot d'anglais et déteste l'Angleterre. Le quotidien est sombre et violent, pour les modestes paysans qui s'efforcent de survivre aux hivers rigoureux comme pour les noblions qui tentent d'assouvir leur ambition au prix des plus viles bassesses. 
Dans ce contexte troublé, Robin de Loxley, homme révolté, dévoré par la vengeance et l'ambition, fin stratège, chef de bande violent et tyrannique, construit sa légende. Lorsqu'il s'empare lors d'un pillage de la jeune Marianne de Beaumont, le Loup de Sherwood est loin d'imaginer le destin qui les attend. 
Voici leur histoire, bien loin de la version romantique que nous connaissions.


Titre : Les loups de Sherwood
Auteur : Nicolas Digard
Editeur : Plon
Pages : 480



Mon ressenti :

Allez, je vous l'avoue, jusqu'ici, Robin des Bois, c'était principalement pour moi l'image de Kevin Costner ou encore le renard au cœur de tendre de Disney. Eh oui ! Lorsque j'ai vu les promesses affichées par ce livre, j'étais très intriguée, j'avais bien envie de repartir de zéro, élargir mes horizons, et ainsi redécouvrir un Robin des Bois sous un aspect totalement différent.
Au final, je ne suis pas déçue du voyage dans les bois de Sherwood !

Robin des Bois campe ici un personnage sombre et froid, animé par un profond désir de vengeance.
Il est loin le roi des voleurs tel qu'on le connait ! Ce mythe est totalement balayé, on le redécouvre via une version bien plus violente, plus âpre. Venir en aide aux plus démunis est-il son but réel ou bien seulement un prétexte à sa soif de vengeance ? Lui-même semble l'ignorer. Un "roi des voleurs" dont le titre sonne on ne peut plus juste, que ce soit dans ses actions ou son caractère.

Quant à Marianne, elle est loin d'être épargnée. Un destin éprouvant l'attend, et sa rencontre avec Robin n'a rien de romantique.

Une histoire qui vaut le détour, habilement revisitée, une belle (re)découverte dans un Moyen-Age difficile mais non moins passionnant.