vendredi 25 novembre 2016

"Le puits", de Iván Repila

Résumé :

Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. À leurs côtés, un sac de victuailles donné par leur mère, mais ils ont interdiction d’y toucher. Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là? Le Puits est un livre indispensable sur l’amour fraternel et la vengeance, un roman «qui a mérité sa place au panthéon des Jules Verne, Alain-Fournier et autres Antoine de Saint-Exupéry » selon Zoé Valdès.

Titre : Le puits
Auteur : Iván Repila
Editeur : 10/18
Pages : 123



Mon ressenti :

Un roman puissant, très court, moins de 130 pages qui se lisent d'une traite.
Tout au long de la lecture, on se demande comment ces deux frères ont fini au fond de ce puits.
On est avec eux, à leurs côtés, on les observe en train de survivre, du moins essayer, jusqu'à l'effroyable vérité.
C'est limpide, et la plume se montre parfois poétique pour raconter cette histoire intense et prenante où il est question de survie, de sacrifice et de vengeance.

mercredi 23 novembre 2016

"Les vies de papier", de Rabih Alameddine

Résumé :

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l'ombre des murs anciens de son appartement, elle s'apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l'une des oeuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.
À la fois refuge et « plaisir aveugle », la littérature est l'air qu'elle respire, celui qui la fait vibrer comme cet opus de Chopin qu'elle ne cesse d'écouter. C'est eentourée de livres, de cartons remplis de papiers, de feuilles volantes de ses traductions qu'Aaliya se sent vivante.
Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l'odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l'imprévisibilité de Beyrouth.

Roman éblouissant à l'érudition joueuse, célébrant la beauté et la détresse de Beyrouth, Les Vies de papier est une véritable déclaration d'amour à la littérature. 

Titre : Les vies de papier
Auteur : Rabih Alameddine
Editeur : Les Escales
Pages : 329


Merci aux éditions Les Escales, puisque j'ai eu la chance de découvrir ce roman grâce au Club de lecture des Escales.


Mon ressenti :

Le Liban et la littérature, voilà des choses qui me parlent et suscitent mon enthousiasme.
Ces éléments ont ainsi suffi à éveiller ma curiosité, j'avais hâte de me plonger dans cette lecture et découvrir ce qu'elle recèle.

En fin de compte, je n'ai pas vraiment réussi à entrer pleinement dans cette histoire que j'ai trouvée quelque peu décousue.
Les digressions sont en effet nombreuses, trop à mon sens, et c'est, je pense, ce qui m'a empêché d'être totalement captivée.
Parfois, les pages défilaient vite, mais à d'autres moments, j'avoue avoir eu un certain mal à avancer.

Par ailleurs, les références littéraires sont très présentes. Là aussi, peut-être un peu trop. Certaines d'entre elles sont bienvenues, voire passionnantes, il faut l'admettre, tandis que d'autres ont cassé mon rythme de lecture.
J'ai dû m'accrocher à plusieurs reprises, mais je conçois parfaitement que le style de l'auteur, déroutant à mes yeux, peut convenir à d'autres lecteurs.

Toutefois, le portrait de cette femme que dresse l'auteur n'est pas sans intérêt, loin de là. Son passé, son vécu, son présent, sa famille, ses voisines, son regard sur la vieillesse, ou encore cette ville de Beyrouth sont autant de choses que l'on prend plaisir à découvrir. Aaliya, qui voue sa vie à la littérature est un personnage attachant et touchant.
Une belle histoire, même si je n'ai pas vraiment adhéré à la forme.

lundi 14 novembre 2016

"Une forêt obscure", de Fabio M. MITCHELLI

Résumé :

« Je n'ai rien d'un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l'esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d'Anchorage. 
À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu'il torture, puis celles de son amant qu'il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin... Jusqu'à la forêt de Tongass, là ou le mensonge corrode tout, là ou les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.


Titre : Une forêt obscure
Auteur : Fabio M. MITCHELLI
Editeur : Robert Laffont (La Bête Noire)
Pages : 416



Mon ressenti :

Une histoire passionnante où se mêlent habilement plusieurs intrigues, dont on ne soupçonne pas les liens au premier abord.
Et pourtant, ces affaires finissent par se croiser, le puzzle se reconstitue au fil de la lecture jusque dans les dernières pages.
Aucun temps mort, et ça démarre très fort, on est tout de suite plongé dans une ambiance oppressante.
L'écriture est fluide et les révélations nous tiennent en haleine. Tout est parfaitement orchestré et bien rythmé.
Les personnages sont bien campés, parfois attachants pour certains d'entre eux, ou encore "dépaysants" par leurs expressions.

Ce thriller maîtrisé nous embarque dans une enquête où le suspense, les secrets et les rebondissements occupent une place de choix. Un final magnifique.

dimanche 6 novembre 2016

"Chanson douce", de Leïla Slimani

Résumé :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. 
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.


Titre : Chanson douce
Auteur : Leïla Slimani
Editeur : Gallimard
Pages : 240



Mon ressenti :

Dès les premières lignes, le ton est donné. Les faits, atroces, invitent alors le lecteur à remonter le temps afin de comprendre le cheminement vers cette situation.

Leïla Slimani brosse le portrait d'une société où il faut aller toujours plus vite, où la réussite par le travail est obligatoire pour s'épanouir, quitte à confier la garde et l'éducation de ses enfants à de parfaits inconnus.

Les apparences et les références rassurent, mais que sait-on réellement de la vie, des souffrances, des difficultés, dissimulées sous le masque d'une profession, quelle qu'elle soit ?
Une face cachée que l'on découvre petit à petit, la folie s'empare doucement des esprits, de façon insidieuse.
Aveuglé par ce besoin de concilier vie professionnelle et vie de famille, ce couple ne soupçonne rien, alors que tout est en train de se jouer en coulisses... jusqu'au point de non-retour.

Un vrai page turner, au style incisif, qui dresse un portrait glaçant mais réaliste de notre société, où la solitude et le mal-être font partie du quotidien. Se lit d'une traite.

samedi 5 novembre 2016

"Temps mort", de Marie-Pierre Bardou & Kathy Dorl

Résumé :

Que font deux copines d’enfance quand elles se retrouvent, par le biais d’un célèbre réseau social ?

Elles papotent ? Ouais... un peu.
Elles geignent sur leur existence ? Mmmm... Surtout l’une des deux.
Elles se rappellent le bon vieux temps qui était toujours mieux avant que maintenant ? Se prennent le chou façon Godzilla en peluche ? S’envoient de mignons smileys qui rigolent ?
Vous êtes loin du compte...
Car elles dézinguent. Elles trucident, décanillent, découpent, acidifient, crament, tronçonnent !

Tout oppose Élisabeth, dite Petit Kiwi, l’écolo allergique au foin, et Saule, la « fashion-addict », plus « desperate » que « housewife ».
L’une vit aux States et dilapide la pension alimentaire de son ex en minisacs Prada ; l’autre s’est enterrée dans une communauté hippie au fin fond de la Creuse.

Qu’est-ce qui les lie, à part une vieille amitié éteinte depuis quinze ans ?
Une sombre histoire, un passé qui ressurgit comme un diable de sa boîte et... ben, ça part un peu en vrille, quoi…
Flanquées d’un ado boutonneux fasciné par les limaces et d’une bande d’illuminés en sabots pour l’une, d’une nounou qui picole en douce et d’un moutard insupportable pour l’autre, les deux femmes auront fort à faire pour affronter une situation qui dérape.

Au programme de ce « serial-thriller-gore » hilarant qui ne laisse aucun temps mort : merguez, cochonnailles, roupettes, macchabée, scie sauteuse et crustacés.
Bon, peut-être pas de crustacés, en fin de compte.


Titre : Temps mort
Auteur : Marie-Pierre Bardou & Kathy Dorl
Editeur : Éditions Hélène Jacob
Pages : 248



Mon ressenti :

Un début de lecture quelque peu déconcertant, mais rien de négatif dans mes propos, au contraire. On ne s'attend tout simplement pas à être aussi rapidement plongé dans un univers autant déjanté. Une ambiance particulière à laquelle on adhère assez vite.

En découvrant ces deux femmes aux univers bien différents, à travers leurs échanges par email, c'est un duo aussi improbable que cinglé qui s'impose au lecteur, ce qui rend cette lecture plutôt surprenante et non moins attrayante. La sauce prend et finalement, ces personnages se montrent attachants.

Le caractère en partie épistolaire que revêt cette histoire est très intéressant, mais une narration plus classique ponctue le tout par petites touches. Une construction originale et efficace.

Lorsque l'intrigue prend forme, le lien qui unit ces femmes se révèle, et dès lors, on ne veut plus les quitter. On veut savoir ce qu'elles vont manigancer, et jusqu'où leurs décisions vont les mener.

L'humour de nos deux protagonistes est souvent cinglant et percutant. J'ai souri à plusieurs reprises, j'ai ri, et j'ai même frôlé le fou rire lors d'une scène que je visualisais parfaitement, mais dont je ne vous dévoilerai rien.

Un thriller original à l'humour décapant dont l'intrigue nous captive du début à la fin. A lire !