lundi 22 mai 2017

"Jusqu'ici, tout va bien !", de Kathy Dorl

Résumé :

Sur le campus universitaire de Paris-Saclay, Noah Morin, un homme sans histoires, tire à bout portant sur Emma Loris, jeune étudiante en œnologie.
Pourquoi affirme-t-il la connaître intimement, alors que sa victime, une fois sortie du coma, prétend ne l’avoir jamais rencontré ?

Un officier de police judiciaire raide dingue de foot, une psychologue sous l’emprise d’un parfum, une juge d’instruction en pleine ménopause et un avocat timide auront fort à faire avec les proches d’Emma, surtout Narcisse, l’excentrique et délirante mère de la victime, complètement borderline.
Une folie contagieuse s’empare de tous ceux qui tournent autour de cette enquête.
Suffit-il d’un grain de sable dans l’engrenage pour que tout parte en vrille ?
Sommes-nous tous susceptibles d’une sortie de route qui peut nous faire basculer dans la folie ?
Et surtout, de Noah et Emma, qui détient la vérité ?


Titre : Jusqu'ici, tout va bien !
Auteur : Kathy Dorl
Editeur : Editions Hélène Jacob
Pages : 228


Mon ressenti :

Kathy Dorl mêle habilement une enquête policière classique à des protagonistes aux répliques drôles et acerbes.
Du coup, ce mélange nous donne un polar feel-good qui se lit avec le sourire.
Ne vous méprenez pas, ce n'est pas parce que l'humour domine souvent certaines situations que le côté polar n'est pas à prendre au sérieux. Non, loin de là ! L'intrigue est plutôt bien ficelée, l'enquête évolue tout au long de l'histoire, et nous offre même un final inattendu très appréciable.
Le tout se lit très facilement, c'est fluide et sans fioriture, on se régale avec ces dialogues qui me manquent pas de peps.

Des personnages variés et loufoques, de l'humour, une intrigue crédible et des rebondissements font de cette lecture un très agréable moment.

lundi 15 mai 2017

"Leopard Hall", de Katherine Scholes

 Résumé :

Anna Emerson, secrétaire de vingt-cinq ans, s'apprête à quitter Melbourne pour retourner sur sa terre natale du Congo : Karl, son père qu'elle n'a pas revu depuis dix-huit ans, est malade. Sur le lit de mort du vieil homme, Anna fait un serment : veiller sur Leopard Hall, sa villa remplie d'oeuvres d'art pillées aux Africains. Mais tout est remis en question lorsqu'elle découvre que Karl n'est pas son père biologique.
Pourquoi sa mère ne lui a-t-elle rien dit ? En quête d'indices sur son passé, Anna se lance sur les pistes aux côtés d'Eliza, mystérieuse photographe américaine. Mais dans ce pays fraîchement indépendant, livré aux rebelles simbas, les tensions sont vives, parfois sanglantes, et les deux femmes voient leurs chemins se séparer brutalement...

D'un palace colonial abandonné sur les bords du lac Tanganyika à un hôpital de mission dans la jungle, Anna finira-t-elle par trouver les réponses qu'elle cherche ? Et si c'était à Leopard Hall, ce lieu auquel elle tente d'échapper, que le destin lui avait donné rendez-vous ?


Titre : Leopard Hall
Auteur : Katherine Scholes
Editeur : Belfond
Pages : 640


Merci aux éditions Belfond pour cette lecture, dans le cadre du Cercle des lecteurs Belfond.


Mon ressenti :

Il m'arrive de dévorer certains livres, que ce soit en seulement quelques heures, ou bien plusieurs jours. A l'inverse, il y a des lectures qui ne me conviennent pas, où je peine à avancer.
Et enfin il y a ces livres, plus rares, où je veux prendre mon temps, savourer ces moments, m'imprégner tranquillement de l'histoire.
Leopard Hall fait partie de ces livres. J'aurais facilement pu lire en quelques jours ses plus de 600 pages, mais j'ai préféré m'attarder, le mettre de côté, repenser à ce que j'avais lu pour mieux y revenir. Je lis rarement de cette manière, j'ai plutôt l'habitude "d'avaler" les pages lorsqu'un livre me plaît. Pourtant, j'ai adoré découvrir ainsi ce Congo des années 60, ses protagonistes, leurs histoires, leurs secrets et leurs aventures.

Ce roman dévoile des personnages qui osent quitter un quotidien plutôt tranquille et rassurant, pour se mettre à la recherche de réponses à leurs questions, en quête de leurs racines dans un pays au climat politique instable et violent.
Tour à tour, le lecteur suit ainsi le quotidien d'Anna, quittant son Australie confortable afin de rencontrer son père malade, puis la vie de cet homme, Dan, prêt à s'engager comme mercenaire.
On voyage presque à leurs côtés, vivant avec eux leurs aventures et leurs rencontres, plus ou moins heureuses, oscillant entre espoir et désillusion.

Au fil des pages, le passé resurgit, les secrets se révèlent et amènent d'autres événements, d'autres interrogations, nous donnant l'envie de poursuivre la lecture afin de découvrir le destin des protagonistes.

Le dépaysement est au rendez-vous lors de cette lecture, on imagine sans peine cette époque pas si lointaine et ces paysages africains.

Ce roman, même s'il est fictif, s'inspire de faits réels. Il constitue une fenêtre ouverte sur un pan de l'Histoire congolaise que l'on ne connaît pas forcément. L'auteur suscite l'intérêt du lecteur, sans pour autant l'assommer de détails historiques, loin de là. En ce qui me concerne, je souhaite en savoir un peu plus sur ce pays. J'apprécie particulièrement lorsqu'un livre parvient à générer ce genre d'envie. Par ailleurs, je vais devoir me procurer d'autres ouvrages de Katherine Scholes, je suis bien tentée de découvrir d'autres aspects de l'Afrique à travers ses mots.

En résumé, des personnages attachants et un cadre dépaysant nous embarquent dans une quête passionnante, émouvante et instructive, au sein d'un Congo meurtri par les conflits.

mardi 2 mai 2017

"Le Cercle", de Bernard Minier

Résumé :

Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie. Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux... Pourquoi la mort s'acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d'étudiants réunissant l'élite de la région ? Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d'anciennes et terribles blessures et faire l'apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.


Titre : Le Cercle
Auteur : Bernard Minier
Editeur : Pocket
Pages : 800


Mon ressenti :

Un polar mené d'une main de maître.
Une histoire dense, riche, qui ne souffre d'aucune longueur. C'est un petit pavé mais la lecture est tellement limpide, aidée par des chapitres courts et une écriture sans fioriture, que les pages s'enchaînent rapidement.
Des rebondissements surprenants, parfois effrayants, des fausses pistes et du suspense rythment à merveille cette enquête.
C'est un vrai plaisir de retrouver les protagonistes de "Glacé", dont je recommande vivement la lecture au préalable pour ne pas être trop perdu.
Un petit détail, j'ai adoré les quelques remarques cyniques à l'égard du monde du football, discrètes mais bien ressenties.

Cette histoire est un vrai régal, captivante du début à la fin, avec des personnages bien campés et une intrigue sacrément solide. A lire de toute urgence pour les amateurs du genre, mais pas que !

mardi 25 avril 2017

"Piégée", de Lilja Sigurðardóttir

Résumé :

Sonja a été contrainte de devenir passeuse de cocaïne pour retrouver la garde de son petit garçon. Elle doit jouer au chat et à la souris avec des narcotrafiquants féroces, un ex-mari pervers, un avocat ambigu, une compagne envahissante. 
Elle doit se montrer de plus en plus inventive, de plus en plus audacieuse. Elle doit sortir du piège dans lequel elle s’est laissé enfermer. Seule certitude, Tómas son petit garçon, lui, ne vit que pour ses week-ends auprès de sa si jolie maman. 
Il y a aussi, à l’aéroport de Keflavík, Bragi, le vieux douanier, très intrigué par cette jeune femme élégante et décidée qui traverse régulièrement les salles d’embarquement.
Entre malversations et trafic de drogue, Piégée est un thriller original et brillant, mêlant une intrigue pleine de suspense, des personnages attachants et une description fantastique de la capitale de l’Islande pendant l’hiver 2010-2011, couverte de cendres et sous le choc du krach financier.


Titre : Piégée
Auteur : Lilja Sigurðardóttir
Editeur : Métailié noir
Pages : 336


Merci à Lecteurs.com pour cette lecture !


Mon ressenti :

Un livre qui se lit vite, très vite !
Aucune longueur, les chapitres courts s'enchaînent, alternant entre les différents protagonistes, bien dépeints et crédibles face aux événements.
La lecture oscille entre complot, fraude bancaire et trafic de drogues, tout en mettant en avant la psychologie des personnages, notamment leurs relations ou encore leur désespoir.
Malgré ses actes, on ressent ainsi de la sympathie pour cette femme piégée par les narcotrafiquants. Ses voyages sont à chaque fois l'occasion d'une tension de plus en plus palpable. Va-t-elle échapper à ce piège diabolique ? Le filet va-t-il se refermer sur elle ? Ces interrogations nous accompagnent tout au long de l'histoire, sans jamais nous lâcher.
Le rythme s'accélère petit à petit, au fil des événements et des révélations. Le final nous laisse l'envie de découvrir la suite de cette trilogie qui s'annonce d'ores et déjà passionnante.

Une intrigue fluide et captivante avec une trame psychologique particulièrement intéressante. La manipulation s'offre une place de choix et le suspense monte crescendo. Un thriller réussi.

jeudi 20 avril 2017

"MÖRK", de Ragnar Jónasson

Résumé :

À Siglufjördur, à l’approche de l’hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l’Islande plonge alors dans une obscurité totale…
Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l’inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu’il enquêtait aux abords d’une vieille maison abandonnée. L’illusion d’innocence tombe. Tous les habitants n’avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d’étranges secrets… Pour reconstituer le puzzle, il faudra aussi écouter cette voix qui murmure, enfermée derrière les cloisons d’un hôpital psychiatrique, et qui tient peut-être la clé de l’énigme.

Titre : MÖRK
Auteur : Ragnar Jónasson
Editeur : Editions de la Martinière
Pages : 336


Merci à Lecteurs.com pour cette lecture.


Mon ressenti :

Cette seconde enquête du policier Ari Thór nous plonge une nouvelle fois en Islande. Une ambiance nordique un peu moins affirmée que dans le premier tome, mais toutefois bien présente.
L'auteur met l'accent sur la psychologie de ses personnages qui, une fois de plus, détiennent certains secrets que l'on ne soupçonne pas.
Une voix murmurée nous interpelle régulièrement sous la forme d'extraits d'un carnet de notes. Elle constitue un rebondissement de taille lorsque son identité est révélée. Une construction efficace, puisque tout au long de la lecture, on s'interroge, on se demande qui se cache derrière ces lignes, sans se douter de la vérité. Lorsqu'elle éclate enfin, difficile de ne pas poursuivre jusqu'aux dernières pages afin de connaître le dénouement.
Une histoire habilement menée, de sorte que le lecteur captivé ne puisse ainsi rien deviner de son issue.

Une atmosphère pesante, des personnages convaincants et une intrigue solide font de ce polar islandais une réussite.


A noter : Il n'est pas indispensable d'avoir lu SNJÓR pour se plonger dans MÖRK.

lundi 17 avril 2017

"SNJÓR", de Ragnar Jónasson

Résumé :

Snjór. La neige, en islandais. Celle qui tombe sans discontinuer sur la ville la plus au nord de l'Islande, Siglufjördur. Un village de pêcheurs auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit, creusé à même la montagne. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Sa fiancée refuse de le suivre dans ce trou paumé. Siglufjördur, la ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamais sa porte à clef. Mais voilà : une jeune femme est retrouvée morte, à moitié nue dans la neige ; un vieil écrivain renommé fait une chute mortelle dans le théâtre local... Ari Thor se retrouve plongé au coeur d'une petite communauté où chacun tient l'autre par ses mensonges et ses secrets. Une avalanche et des tempêtes de neiges incessantes ferment temporairement l'accès du tunnel. La nuit polaire ne réserve plus une seule minute de jour... Un effroyable sentiment de claustrophobie submerge peu à peu Ari, que viennent également tourmenter des résurgences de son passé. L'étau se resserre autour du policier, aveuglé par la neige et les faux-semblants, sombrant dans sa propre noirceur. Angoissant, entêtant, Snjór est le premier roman de la série Dark Iceland.

Titre : SNJÓR
Auteur : Ragnar Jónasson
Editeur : Editions de la Martinière
Pages : 352



Mon ressenti :

Se plonger dans SNJÓR, c'est en quelque sorte se rendre en Islande, côtoyer les habitants de Siglufjördur, sentir cette neige nous envelopper et ce froid nous happer. Côté ambiance, l'auteur assure.
L'intrigue n'est pas en reste, elle tient parfaitement la route et se met en place doucement nous laissant ainsi découvrir peu à peu les différents protagonistes.
Ce rythme est plutôt bienvenu, il permet de mettre en avant l'atmosphère particulière de ce lieu isolé, presque angoissante, un point fort de ce roman. C'est en évoluant dans ce cadre hostile que le jeune Ari Thór va devoir faire ses preuves, levant peu à peu le voile sur certains secrets de cette bourgade, non sans mal.

Une enquête bien ficelée dans une Islande réaliste à l'ambiance oppressante plus que palpable.

jeudi 13 avril 2017

"Les ombres innocentes", de Guillaume Audru

Résumé :

Massif central, été 2013. Un vieillard est retrouvé hagard sur une route de Corrèze. Il a été frappé mais refuse de dénoncer ses agresseurs. Dans une ferme du plateau de l'Aubrac, une femme âgée, pendue à un croc de boucher de sa propre ferme, est découverte par son fils. Dans une clinique psychiatrique proche de Clermont-Ferrand, une femme oubliée de tous hurle sa haine. Trois affaires sans lien apparent. Trois personnes dont la vie va basculer. Matthieu Géniès, journaliste dans un canard de Corrèze. Serge Limantour, gendarme revenu de tout. Jeanne Roussillon, aide-soignante qui, jour après jour, tente de comprendre le mal qui ronge sa patiente.

Titre : Les ombres innocentes
Auteur : Guillaume Audru
Editeur : Editions du Caïman
Pages : 280



Mon ressenti :

Ces trois affaires nous plongent dans une ambiance parfois glauque qui colle parfaitement à ces événements. Au premier abord, on ne soupçonne pas leurs liens. Les pièces d'un puzzle sombre s'imbriquent au fil des pages qui nous dévoilent également des personnages variés et crédibles.
On ne perd jamais le fil de l'histoire, le roman étant structuré idéalement. Les chapitres sont plutôt courts et alternent entre les différents protagonistes, ce qui maintient le suspense tout au long du roman.
L'auteur s'inspire adroitement de faits réels, il en résulte une intrigue bien ficelée, qui tient en haleine le lecteur jusqu'au dénouement.
C'est au final une lecture prenante qui peut aisément se lire d'une traite.

Entre polar rural et thriller psychologique, cette histoire efficace n'offre aucun temps mort. Construite avec soin et captivante jusqu'aux dernières pages.



Soutien aux Editions du Caïman

Les Editions du Caïman sont en difficulté, j'en profite donc pour vous inviter à jeter un œil sur cette campagne de soutien Ulule, ça se passe par ici, tout y est expliqué clairement : https://fr.ulule.com/editions-caiman/

Ces derniers temps, plusieurs maisons d'édition ont rencontré des difficultés. Certaines parviennent à s'en sortir plus ou moins bien. D'autres ferment leurs portes, je pense notamment aux éditions du Riez, comme quoi proposer des titres de qualité ne suffit pas toujours, ce n'est pas aussi simple malheureusement.

Toute contribution est utile, ne serait-ce qu'un simple partage de la campagne sur vos réseaux sociaux.

lundi 10 avril 2017

"La vie selon Juan Salvador, palmipède d'Uruguay", de Tom Michell

Résumé :

1975 : Tom Michell, la vingtaine fraîchement entamée, avait tout bien prévu : un billet d’avion, une place d’enseignant dans une école huppée d’Argentine et un mois de vacances pour parcourir l’Amérique latine. À moto, cheveux au vent, l’esprit libre ‒ à la Che Guevara, quoi !

Pourtant, un soir, lors d’une ultime balade sur une plage d’Uruguay, il assiste à une scène inattendue : piégé dans une nappe de pétrole, un manchot lutte pour sa survie.

Sans hésiter, Tom le secourt, le nettoie, puis le ramène à la mer.

Mais l’animal ne veut plus le quitter.

Le jeune enseignant décide alors d’embarquer avec lui le palmipède, désormais baptisé Juan Salvador.

Au fil des mois, l’espiègle oiseau va transformer, chambouler et illuminer de ses facéties la vie de tous ceux qu’il croise sur sa route… Et avant tout celle de son sauveur.



Titre : La vie selon Juan Salvador, palmipède d'Uruguay
Auteur : Tom Michell
Editeur : Fleuve Editions
Pages : 272



Mon ressenti :

Ce roman, ou plutôt devrais-je dire témoignage, met en lumière l'importance que peut avoir un animal dans notre vie, et ce, à plusieurs niveaux. Au contact de ce manchot, la parole se libère, certaines personnes se révèlent, ce petit être chamboule des vies. Un impact au premier abord insoupçonnable !

Une très belle rencontre, mais dans des circonstances que l'on déplore évidemment.
De nos jours encore, le mépris de l'être humain envers la planète qu'il partage pourtant avec d'autres espèces est lourd de conséquences. L'auteur n'oublie pas de le rappeler, sans pour autant plomber l'histoire qui met principalement l'accent sur le lien qui unit cet homme et ce manchot.

Une histoire d'amitié improbable et touchante qui donne régulièrement le sourire face aux situations mettant en scène ce petit palmipède attachant.

dimanche 2 avril 2017

"After Anna", de Alex Lake

Résumé :

Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. Pourtant, une semaine après l’enlèvement, Anna leur est rendue, indemne. Sans aucun souvenir de la semaine qui vient de s’écouler. Mais pour Julia, le pire reste à venir.



Titre : After Anna
Auteur : Alex Lake
Editeur : Pygmalion
Pages : 394




Mon ressenti :

Dès le début, on sait qu'après avoir été kidnappée, la petite Anna sera finalement rendue à ses parents.
Malgré cette information de taille dévoilée avant même d'ouvrir le livre, le plaisir de lecture n'est en rien gâché. Bien au contraire en fait, on veut savoir comment ce retour va se passer, mais également le cheminement pour l'atteindre, et surtout... pourquoi ? Ces points d'interrogation nous tiennent en haleine, on cherche à comprendre cette situation en même temps que les protagonistes.

On assiste ainsi à la descente aux enfers de cette famille, à la naissance de leurs angoisses, leur désespoir face à la disparition de la fillette.
Sentiment de culpabilité, remords, haine... Rien ne leur est épargné et l'auteur retranscrit parfaitement leur détresse, leurs émotions. Leur vie devient un véritable cauchemar.
L'enquête s'amorce doucement, et le retour d'Anna ne fait qu'apporter des questionnements et des inquiétudes supplémentaires.

Même si j'ai eu assez vite des soupçons qui se sont avérés justes par la suite, l'intrigue demeure solide. Je n'étais en effet sûre de rien et continuais de douter jusqu'à ce que la vérité éclate.
La tension est alors à son comble dans cette dernière partie. Les événements sont loin d'être terminés, impossible de lâcher le livre avant d'en avoir tourné les dernières pages.

Un thriller psychologique intelligemment construit, faisant la part belle aux émotions des personnages. Captivant de la première à la dernière page, avec une tension qui s'installe progressivement, un régal !

mercredi 29 mars 2017

"Moka", de Tatiana de Rosnay

Résumé :

Justine mène une petite vie tranquille entre son mari, ses deux enfants et son boulot de traductrice free-lance. Mais un mercredi après-midi, tout bascule. Un chauffard renverse son fils en plein Paris, et prend la fuite, à bord d’une berline couleur moka. Malcolm sombre dans le coma, l’enquête piétine…
Seule contre tous – ou presque, Justine veut découvrir la vérité. Jusqu’au bout. Et à n’importe quel prix.



Titre : Moka
Auteur : Tatiana de Rosnay
Editeur : Le Livre de Poche
Pages : 288



Mon ressenti :

L'histoire, axée sur un événement tragique, embarque rapidement le lecteur.
Le style précis et percutant de l'auteur y est pour beaucoup. La lecture est fluide, sans heurt.
L'enquête est présente mais plutôt secondaire, le roman se focalise surtout sur le ressenti et les émotions de cette femme, cette mère, dont la vie est chamboulée du jour au lendemain. Une épreuve douloureuse face à laquelle il est difficile de rester indifférent. Un aspect abordé de manière pertinente et réaliste tout au long de ce récit.

Un agréable moment de lecture, convaincant, parfois émouvant, et un sujet traité avec justesse.

Bookface

Vous connaissez les "bookface" ?
Peut-être avez-vous vu circuler dernièrement ceux de la librairie Mollat, particulièrement bluffants d'ailleurs !
Cela consiste à se mettre en scène avec la couverture d'un livre, généralement en substituant la couverture à une partie de son visage. Mais plus généralement, il s'agit d'intégrer une couverture à n'importe quel scène finalement, un paysage, un visage, etc...

Les éditions J'ai Lu organisent en ce moment un concours suivant ce principe.
J'adore ces photos créatives, alors j'ai voulu tenter ma chance. J'ai rassemblé tous mes livres J'ai Lu, et aucun ne pouvait me servir à réaliser un bookface avec mon visage. Je suis alors tombée sur mes vieux Stephen King, et plus précisément une édition de Cujo, j'ai tout de suite eu l'idée de faire participer mon petit bouledogue.

Visiblement, le résultat ci-dessous a plu, puisque mon bookface a été sélectionné !
Si cela vous tente, à vous de jouer !


samedi 25 mars 2017

Balade au salon Livre Paris

Aujourd'hui, je me suis rendue au salon Livre Paris.
Je n'en suis pas partie très tard, peu avant 14h, mais j'en ai bien profité, puisque j'ai fait l'essentiel de ce que je voulais faire, à savoir le tour du salon et ses différents stands, et rencontrer un auteur qui me tient à cœur.

Je ne me suis pas encombrée de mon appareil photo, alors voici quelques prises avec mon smartphone, pas exceptionnelles, mais qui donnent tout de même un aperçu du salon.


Je tenais à rencontrer Franck Bouysse, auteur que j'affectionne particulièrement, afin de lui faire dédicacer ses romans "Plateau" et "Grossir le ciel".
Deux coups de cœur que je vous recommande vivement.

Je suis très heureuse d'avoir pu échanger quelques mots avec cet auteur sur le stand du Livre de Poche.


Sur le stand des éditions de l'Aube, j'ai eu la surprise de tomber sur un extrait de
mon avis Babelio, au sujet du livre "La disparue de Mazunte", de Daniel Quirós.





Point de vue depuis l'air de pique-nique

Benoît Hamon venu s̶e̶ ̶m̶o̶n̶t̶r̶e̶r̶  visiter le salon.










Douglas Kennedy répond à une question.





Michel Bussi en dédicaces



Malgré la foule, c'est un salon qui reste très agréable. Je tiens d'ailleurs à remercier les éditions Payot pour les invitations, sans quoi je n'y serais probablement pas allée, l'entrée payante pouvant être un frein.

Pouvoir rencontrer ses auteurs favoris dans cette immense librairie est vraiment appréciable, même si visiblement, il fallait parfois s'armer de patience au vu des files d'attente !

Ce salon permet également de mettre en avant certaines maisons d'édition que l'on ne connaît pas forcément, et j'ai ainsi pris quelques notes afin de jeter un œil sur leur catalogue plus tranquillement par la suite.

jeudi 23 mars 2017

"Grossir le ciel", de Franck Bouysse

Résumé :

L’abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte. Il ne l’avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant. Mais sans savoir pourquoi, c’était un peu comme si l’abbé faisait partie de sa famille, et elle n’est pas bien grande, la famille de Gus. En fait, il n’en a plus vraiment, à part Abel et Mars. Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu’un voisin et un chien représentaient une vraie famille ? Juste mieux que rien. C’est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés. Il a repéré du gibier. Mais au moment de tirer, un coup de feu. Abel sans doute a eu la même idée ? Non.
Longtemps après, Gus se dira qu’il n’aurait jamais dû baisser les yeux. Il y avait cette grosse tache dans la neige. Gus va rester immobile, incapable de comprendre. La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute. Que s’est-il passé chez Abel ?



Titre : Grossir le ciel
Auteur : Franck Bouysse
Editeur : La manufacture de livres
Pages : 199



Mon ressenti :

J'ai découvert Franck Bouysse en lisant Plateau l'année dernière. J'avais été secouée par cette lecture et il fallait que je découvre d'autres titres de cet auteur. C'est donc chose faite avec "Grossir le ciel", et ça ne s'arrêtera sûrement pas là.

Franck Bouysse a cette particularité de savoir mettre en scène des personnages ordinaires, plutôt banals, de manière à captiver immédiatement l'intérêt du lecteur.
Une plume toujours réaliste avec cette touche de poésie qui colle si bien aux situations et à cette nature brute. Cette dernière incarne presque un personnage à part entière tant sa présence est ancrée tout au long de cette histoire.
Nostalgie, solitude, souvenirs, secrets et vies bancales sont superbement racontés par l'auteur, le tout dans une ambiance sombre.

Poignant, sublime, empreint d'une grande noirceur... avec une lueur d'espoir. Bouleversant au point de finir la lecture en larmes. Un coup de coeur !

samedi 18 mars 2017

"Une illusion d'optique", de Louise Penny

Résumé :

Depuis qu’elle est enfant, Clara Morrow n’a jamais eu qu’un seul rêve : voir un jour ses tableaux exposés au Musée d’art contemporain de Montréal. Mais elle a bientôt soixante ans, et après des années d’échecs, elle n’y croit plus vraiment. Quand la consécration tant attendue finit par arriver, la joie est de courte durée : le lendemain du vernissage et de la soirée donnée chez les Morrow, une femme est retrouvée, la nuque brisée, dans leur jardin.
La victime est une ancienne critique, jadis célèbre pour ses papiers assassins. Alors que les acteurs du monde de l’art étaient réunis à Three Pines, bizarrement, personne ne semble la connaître…
Si Clara figure en bonne place sur la liste des suspects, ils sont nombreux, présents la nuit du meurtre, à avoir pu vouloir régler de vieux comptes.
Dépêchés sur place, l’inspecteur-chef Gamache et son adjoint Beauvoir mènent l’enquête. Tandis que le tableau du crime prend forme, les deux agents découvrent que dans le monde de l’art chaque sourire dissimule une perfidie, que les mots peuvent tuer. Et que dans cette affaire, comme dans les portraits peints par Clara, les apparences sont parfois trompeuses.



Titre : Une illusion d'optique
Auteur : Louise Penny
Editeur : Actes Sud
Pages : 432


Merci à Lecteurs.com pour cette découverte.


Mon ressenti :

Cette enquête nous plonge dans le village de Three Pines, un lieu qui semble à la fois paisible et mystérieux, cachant certains secrets. Un endroit à part, donnant presque la sensation de se retrouver dans un huis clos, ce qui est loin d'être déplaisant.
Les thèmes abordés, notamment celui de l'art, sont traités avec un soin tel que l'on s'intéresse forcément à ces domaines.
Les personnages sont variés et ne manquent pas de profondeur. Louise Penny accorde une grande importance à leurs émotions. Des protagonistes finalement tous très humains, que l'on peut se mettre à soupçonner tour à tour, sans réellement découvrir le véritable suspect avant le dénouement.
Un style très visuel, toujours bien amené. L'auteur en dit suffisamment pour que l'on imagine aisément une scène, un visage, un geste, un décor, juste ce qu'il faut sans alourdir le texte. Il en résulte une écriture fluide et captivante.

Cette immersion dans l'univers de l'art contemporain se révèle être une lecture prenante et instructive. Dotée d'une intrigue solide, c'est une enquête adroitement menée par un duo de policiers loin des clichés.

A noter que Louise Penny a déjà publié de nombreux romans mettant en scène nos deux policiers, il ne s'agit pas là de leur première enquête, ce qui n'empêche absolument pas sa compréhension.

vendredi 3 mars 2017

"La disparue de Mazunte" de Daniel Quirós

Résumé :

« J’avais pensé qu’en arrivant ici, je pourrais le voir avec les yeux de ses souvenirs, ressusciter la vie qui se cachait dans ceux-ci ; mais tout avait l’air éteint, comme dans l’expectative, en voie de décomposition ou attendant de pouvoir naître. »
Julio Flores a quitté son Costa Rica natal pour faire ­carrière dans la finance aux États-Unis. S’il daigne appeler de temps en temps ses parents, il a complètement tourné le dos à son passé… jusqu’à ce jour où il apprend que sa sœur est portée disparue en mer, le long des côtes mexicaines. Ce sera le début d’un long processus pour le jeune homme qui, lentement, va sortir du déni que constitue son existence pour se confronter au réel. ­Renouant avec ses racines, acceptant de porter le poids des souvenirs, il finira par partir sur les traces de Mariana, dans une quête désespérée pour retrouver un semblant d’authenticité. 
Un roman sombre et tranchant, tendre et nostalgique, qui dénonce l’hypocrisie, la perte de valeurs et l’oubli.



Titre : La disparue de Mazunte
Auteur : Daniel Quirós
Editeur : Editions de l'aube
Pages : 352


Merci à Babelio pour cette découverte dans le cadre de l'opération Masse Critique.


Mon ressenti :

La disparition de sa sœur est l'occasion pour Julio, le narrateur, de se plonger dans le passé, se rappeler des moments que le temps et des choix de vie différents ont fini par éponger.
Mariana est un personnage quelque peu énigmatique que l'on découvre au fil des pages, via ses lettres ou encore les souvenirs de son frère. L'une a fui le système, l'autre s'y était construit une place confortable, mais pour tous deux le bonheur semble illusoire.
Les chapitres alternent principalement entre le Mexique et un Costa Rica dont le fossé qui sépare les classes sociales est pointé du doigt. Un pays devenu presque méconnaissable aux yeux de Julio.

Une histoire qui oscille habilement entre présent et passé, entre la vie et la mort. Un voyage empreint de nostalgie, en quête d'une sœur presque oubliée et de racines perdues.

mardi 21 février 2017

"Toxique" de Niko Tackian

Résumé :

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N’ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas. Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.
À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.



Titre : Toxique
Auteur : Niko Tackian
Editeur : Calmann Lévy
Pages : 306


Merci à MyBOOX pour cette découverte.


Mon ressenti :

Presque toxique cette lecture, tant elle nous rend accro ! Mais sans effets nocifs, rassurez-vous...

Puissant, haletant, sans aucun temps mort, ce livre se dévore.
Quelques scènes dures, des personnages détestables et d'autres attachants, au passé souvent lourd de conséquences et aux apparences parfois trompeuses.
Une intrigue originale et solide.
Manipulation, emprise, destruction, un cocktail redoutable que l'on découvre peu à peu au fil des pages.

Un polar addictif, bien rythmé, efficace et surprenant. A lire !

jeudi 16 février 2017

"San-Antonio - Bas les pattes !", de Frédéric Dard

Résumé :

Chicago, ses gratte-ciel, ses gangsters, ses dancings… On a beau être flic, français, et parler trois mots d’amerloque, au fond, ce n’est pas un patelin bien sorcier. Quand le vocabulaire vient à manquer, il suffit de faire parler la poudre. Quant aux dames, San-Antonio a développé un langage bien à lui. Tout à fait l’homme qu’il faut pour débrouiller une vilaine affaire de meurtres en série : une demi-douzaine de taxi-girls zigouillées jusqu’ici par un sadique soi-disant français… Bah voyons ! Et la galanterie, bordel ?



Titre : San-Antonio - Bas les pattes !
Auteur : Frédéric Dard
Editeur : Pocket
Pages : 224


Mon ressenti :

Merci à lecteurs.com qui m'a donné l'occasion de découvrir le commissaire San-Antonio via ce douzième volume de la série.

Je ne connaissais cette série policière que de nom et de réputation, difficile de ne pas en avoir entendu parler vu le nombre de titres parus depuis les années 50. J'ai donc pu satisfaire ma curiosité.

Un style unique, qui peut surprendre pendant les premières pages. San-Antonio étant le narrateur, j'ai apprécié cet aspect. Cela permet de se familiariser rapidement avec ce langage vigoureux qui lui est propre, il colle plutôt bien à ce personnage assez désinvolte, fouineur et tenace, mais attachant en fin de compte.

Sans être palpitante, l'intrigue tient la route. On passe un bon moment en compagnie du commissaire même si l'ensemble manque de rebondissements.

Une lecture sympathique finalement, moins de 200 pages qui nous plongent agréablement dans la ville de Chicago des années 50, mais qui ne surprend pas assez le lecteur.

lundi 13 février 2017

"Poulets grillés" de Sophie Hénaff

Résumé :

Le 36 quai des Orfèvres s'offre un nouveau patron. Le but de la manœuvre : faire briller les statistiques en placardisant tous ceux qu'on ne peut pas virer et qui encombrent les services.
Nommée à la tête de ce ramassis d'alcoolos, de porte-poisse, d'homos, d'écrivains et autres crétins, Anne Capestan, étoile déchue de la Judiciaire, a bien compris que sa mission était de se taire. Mais voilà, elle déteste obéir et puis... il ne faut jamais vendre la peau des poulets grillés avant de les avoir plumés !



Titre : Poulets grillés
Auteur : Sophie Hénaff
Editeur : Le Livre de Poche
Pages : 336


Mon ressenti :

J'ai adoré cette lecture ! Dès les premières pages, j'ai eu cette impression que je ressens parfois, cette sensation que ce livre allait me plaire. Le style, l'histoire, l'intrigue, tout s'accordait, la sauce prenait dès le début.

Ce roman nous embarque à la découverte d'une brigade de police... particulière. Des flics dont on ne veut plus entendre parler, rassemblés dans un même placard.
On découvre alors une équipe aux membres atypiques, qui peu à peu, se révèlent plutôt attachants. On se familiarise très vite avec ces policiers, leur brigade prend vie progressivement et les enquêtes peuvent débuter. Mis au placard peut-être, mais pas une bande de bras cassés, des protagonistes au contraire loin d'être inactifs.

Manipulation, secrets, meurtres, interrogations, suspects... Tous les ingrédients du roman policier sont là pour nous faire passer un très bon moment.
L'écriture est précise et va à l'essentiel, elle ne s'embarrasse d'aucune longueur. Et pour sublimer tout ça, une pincée d'humour assaisonne parfaitement ces "Poulets grillés".

Une lecture savoureuse, originale, dotée d'une certaine fraîcheur et d'une intrigue prenante dont on ne devine pas le dénouement. Un titre qui colle parfaitement à cette histoire étonnante, drôle et efficace.

samedi 4 février 2017

"Zamor, le nègre républicain", de Ludovic Miserole

Résumé :

Zamor…
Il n’aura laissé qu’un vague souvenir, un certain malaise même.
Enfant indien, on l’arracha aux siens pour l’offrir à la favorite du roi de France, ce pays inconnu et si lointain.
Il connut les ors de Versailles et les moulures de Louveciennes à l’ombre de Madame du Barry.
Advînt la révolution et avec elle l’opportunité de prendre en main sa destinée. Certains choix et certaines amitiés ne seront pas sans conséquences.
Celui qu’on appelait « le nègre de la Dubarry » devînt alors le nègre républicain portant même le surnom peu glorieux de l’ami Zamor.
Mais qui était vraiment Louis-Benoît Zamor ?



Titre : Zamor, le nègre républicain
Auteur : Ludovic Miserole
Editeur : Atelier Mosésu
Pages : 358



Mon ressenti :

Voilà un bien triste destin que celui de Zamor. Se sentant humilié, utilisé tel un jouet, tiraillé entre plusieurs sentiments, la trahison sera l'une de ses armes pour tenter de s'élever, aveuglé par sa soif de vengeance. Une vie tragique pour ce personnage qui, au final, inspire une certaine pitié.

C'est une période bien trouble de l'Histoire, où la vie ne tient parfois qu'à un fil. L'auteur retranscrit parfaitement ce contexte, via les personnages, l'ambiance, les menaces, les manipulations... Rien n'est définitivement acquis. Chaque décision, chaque rencontre peut tout faire basculer.

On décèle derrière la plume un auteur passionné qui a su habilement mêler la fiction aux faits historiques, ce qui rend cette lecture à la fois instructive et captivante.

Une histoire qui raconte l'Histoire avec brio. Un roman enrichissant à découvrir.

lundi 30 janvier 2017

"L'oiseau des tempêtes", de Serge Brussolo

Résumé :

Sous le règne du Roi-Soleil, Marion, fille d’une ex-comédienne de Molière, devient à la mort de celle-ci la pupille d’un étrange baron tombé en disgrâce, qui vit retiré dans une presqu’île inhospitalière de Bretagne. La jeune fille va bientôt découvrir que ce noble, ruiné, dirige une équipe de naufrageurs. Bien malgré elle, dans l’incapacité d’échapper à son tuteur, elle se trouve associée à ses crimes. Ce qui lui vaut d’être arrêtée et conduite au bagne de Saint-Malo.

Dès lors, ballottée au hasard des événements, elle côtoie une faune étrange de marginaux, faux-monnayeurs et trafiquants, jusqu’au jour où, par décret royal, elle est déportée aux îles en compagnie d’autres malheureuses condamnées à être offertes en pâture aux colons célibataires.
À peine débarquée, elle va devoir lutter pour survivre au sein d’un monde où boucaniers et pirates font la loi.



Titre : L'oiseau des tempêtes
Auteur : Serge Brussolo
Editeur : Éditions Fleuve
Pages : 408



Mon ressenti :

Pas le temps de s'ennuyer tout au long de cette lecture qui constitue une véritable invitation au voyage.
On découvre et accompagne Marion, on vit ses aventures sans aucun temps mort. Un parcours loin d'être sans encombre, ponctué de nombreux rebondissements et rencontres plus ou moins favorables.
C'est un réel moment d'évasion. On imagine parfaitement les décors de ces différents lieux, et on ressent également l'ambiance qu'ils dégagent.
Une seule déception : avoir tourné les dernières pages. Mais j'ai l'impression qu'il s'agit là du début d'une saga prometteuse. Des mystères restent à éclaircir ainsi que le devenir de certains protagonistes.

Un roman d'aventures passionnant, riche en péripéties, qui fait voyager le lecteur et l'emmène à la découverte d'une multitude de personnages hauts en couleur. Vite, la suite !

mardi 24 janvier 2017

"La balade électrique d'Emily Archer", de Jof Brigandet

Résumé :

Selon les critères du FBI, Sam Scott est un tueur « unlisted », aux motivations multiples et aux modes opératoires imprévisibles. Alors que professionnellement tout va de mieux en mieux et qu'il vient d'obtenir une grosse somme d'argent, un homme et sa fille, les Archer, vont imprudemment lui souffler l'appartement qu'il convoitait. Sam décide de les tuer.

Emily Archer est gravement handicapée et clouée dans un fauteuil. Sam Scott, que révulse ce genre de personne, décide alors de faire durer le plaisir avec cette proie facile et sans défense.

Habituellement méticuleux et organisé, il va cependant être imprudent et à deux doigts de se faire tuer. Scott réalise que le gibier n'est peut-être pas celui qu'il pensait et que pour la première fois, il vient de s'engager dans un combat pour sa propre vie.


Titre : La balade électrique d'Emily Archer
Auteur : Jof Brigandet
Editeur : Les éditions du Caïman
Pages : 160



Mon ressenti :

C'est une intrigue intelligente et bien ficelée que l'on prend plaisir à suivre dans ce roman, animé par des personnages intrigants et fascinants. Des individus aux apparences parfois trompeuses et loin d'être sans failles.
On se laisse embarquer par l'histoire de ce tueur atypique, l'auteur distillant savamment les rebondissements pour nous surprendre et nous tenir en haleine jusqu'au bout.
Un polar court mais intense, à lire d'une traite, tant il est prenant, original, et sacrément bien mené.

lundi 23 janvier 2017

"La confusion du monde", de Christian Carisey

Résumé :

Janvier 1492. Dans un pays ruiné par la guerre, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon prennent possession de Grenade, dernière enclave musulmane de la péninsule Ibérique. Une messe est aussitôt célébrée dans la grande mosquée transformée en cathédrale. Torquemada, le Grand Inquisiteur, est dans les premiers rangs. Il prépare déjà son décret d'expulsion des juifs destiné à garantir l'unité religieuse du royaume. Derrière lui, perdu dans la foule, Christophe Colomb chante le Te Deum à l'unisson des fidèles. 
Depuis des années, il attend le financement de son expédition qui doit le conduire vers les Indes occidentales. 


Titre : La confusion du monde
Auteur : Christian Carisey
Editeur : Le Cherche Midi
Pages : 256



Mon ressenti :

Ce roman est l'occasion de (re)découvrir une partie de l'Histoire, plus particulièrement en Espagne, à l'aube de la découverte du continent américain.
L'auteur nous présente quelques personnages historiques sous un angle à la fois enrichissant et captivant, le tout via une plume fluide, sans fioritures. On découvre ainsi peu à peu leurs parcours respectifs, parfois amenés à se croiser, jusqu'à la naissance de ce nouveau monde.
Le sujet est clairement maîtrisé, ce qui fait de cette lecture un moment tout aussi divertissant qu'instructif.
A découvrir !

samedi 14 janvier 2017

"Retour à Silence", de Franck Ferric

Résumé :

Dans un monde que les guerres ont changé en un vaste désert hanté de dangers mortels, Alej vit en reclus. Seul dans une cabane de tôles, au milieu de nulle part, il subsiste, étranglé par ses souvenirs.

Un jour, les fantômes de jadis viennent frapper à sa porte pour lui rappeler que la mémoire qu’on enterre est la graine qui germe en cauchemars. Alej va alors devoir reprendre la route dont il avait juré se détourner. Rembobiner le fil de sa vie. Pour enfin régler son compte au passé, avant l’inverse.


Titre : Retour à Silence
Auteur : Franck Ferric
Editeur : Editions du Riez
Pages : 224



Mon ressenti :

J'avais fait l'acquisition de ce titre après m'être régalée avec "La loi du Désert" du même auteur.
On me l'avait suggéré en m'indiquant qu'il se basait sur le même univers. Un conseil judicieux !
C'est effectivement avec grand plaisir que j'ai redécouvert ce monde désertique et hostile.

J'ai très vite eu le sentiment de me retrouver dans un western, autant par ses paysages désolés que par ses situations, ou encore ses personnages. Un aspect que j'apprécie fortement, d'autant plus quand l'histoire se déroule dans un univers post-apocalyptique, ce qui lui confère une ambiance particulière. D'ailleurs, la couverture illustre parfaitement cette impression.

L'histoire est habilement construite, nous faisant découvrir progressivement le passé d'Alej, le personnage principal. Tout au long de son périple, on découvre son vécu, son cheminement, ses rencontres, ses intentions, mais aussi ses réflexions. Alors peu à peu on comprend, et on accompagne ainsi Alej jusqu'au dénouement.

Une lecture dépaysante à l'ambiance western, donnant vraiment la sensation d'être ailleurs, et où l'on croise des personnages variés, bien dépeints. Les illustrations de Pierre Le Pivain agrémentent idéalement ce voyage.

lundi 9 janvier 2017

"Glacé", de Bernard Minier

Résumé :

Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.
Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, flic mélomane et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.


Titre : Glacé
Auteur : Bernard Minier
Editeur : Pocket
Pages : 736



Mon ressenti :

Ce titre, initialement paru en 2011, me tentait depuis un moment, bien installé dans ma wishlist.
Courant décembre, j'ai enfin fait son acquisition, et à l'approche de la diffusion de son adaptation en série TV, c'était le moment idéal pour m'y plonger.

Quelle lecture ! Intense et addictive.
Les 736 pages défilent à une vitesse folle.
L'intrigue y est menée d'une main de maître, le tout dans une ambiance parfaitement retranscrite : glaciale, froide, jusqu'à faire frissonner le lecteur... ou presque !
Les descriptions nous précipitent dans un cadre hivernal que l'on visualise sans difficulté. Le décor est parfaitement planté. Un environnement angoissant qui se prête particulièrement aux événements narrés.
Des personnages aussi variés qu'intrigants, des fausse pistes, des rebondissements, un suspense qui va crescendo, tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine jusqu'aux dernières pages.

Un thriller à l'atmosphère oppressante servi par une plume nerveuse et efficace. Une histoire passionnante, haletante, à l'intrigue solide et au dénouement inattendu.

mardi 3 janvier 2017

"Un fond de vérité", de Zygmunt Miłoszewski

Résumé :

Dans toute légende, dit-on, il y a un fond de vérité. À Sandomierz, sage bourgade de la province polonaise, on ne croit plus depuis longtemps que les Juifs enlèvent les enfants catholiques pour les vider de leur sang. Quoique… La découverte d’une jeune notable devant l’ancienne synagogue, égorgée suivant le rituel de l’abattage casher, réveille anciennes croyances et vieux démons… À charge pour le procureur Teodore Szacki, fraîchement divorcé et exilé de la capitale, de trouver la vérité.


Titre : Un fond de vérité
Auteur : Zygmunt Miłoszewski
Editeur : Pocket
Pages : 544



Merci à lecteurs.com pour cette découverte !


Mon ressenti :

Ce polar bien construit évoque un passé polonais quelque peu lugubre mais ces références historiques sont loin d'être sans intérêt, bien au contraire.

L'intrigue se montre sacrément bien ficelée, on ne s'ennuie pas un instant, le suspense est presque omniprésent. L'auteur sait captiver le lecteur et éveiller sa curiosité. On se questionne mais on ne devine rien. On ne découvre le dénouement de cette enquête que dans les dernières pages.

La plume est efficace, habile, sans fioriture, la lecture se fait aisément.

Un polar passionnant et maîtrisé, dans une Pologne contemporaine dont le passé a encore une certaine influence. Une lecture enrichissante.