jeudi 5 octobre 2017

"La tanche", de Inge Schilperoord

Résumé :

Couronné par le Bronze Owl, nommé cinq fois livre de l'année par la presse, finaliste des plus grands prix littéraires, un premier roman qui a semé le trouble aux Pays-Bas en s'attaquant à un sujet tabou : entrer dans la tête d'un homme en lutte contre lui-même et contre ses pulsions pédophiles. Sombre et captivante, une lecture choc et pourtant nécessaire.

En cette étouffante journée d'été, Jonathan sort de prison. Dans le bus qui le ramène chez sa mère, il se répète ce que lui a dit le psychologue : ce n'est pas lui qui est mauvais, ce sont ses actes. Et s'il parvient à organiser rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur.
Jonathan se le promet. Il va s'occuper de sa mère asthmatique, retourner travailler à l'usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s'occuper les mains, l'esprit, tout faire pour ne pas replonger.

Car il le sait, s'il a été libéré, faute de preuves, le psy a parlé d'un taux de récidive de 80 %. Il ne doit pas se laisser déborder à nouveau. 

Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une jeune femme et sa fillette...


Titre : La tanche
Auteur : Inge Schilperoord
Editeur : Belfond
Pages : 224


Merci à Babelio ainsi qu'aux éditions Belfond pour cette lecture, dans le cadre de la Masse Critique.



Mon ressenti :

Pour évoquer mes impressions, j'ai envie de revenir sur cette phrase de la 4ème de couverture : "Sombre et captivante, une lecture choc et pourtant nécessaire."
Sombre, oui, de toute évidence au vu du sujet abordé. Ce n'est pas un roman "feel good". C'est un roman dur et violent qui invite plutôt à la réflexion.

Captivante, elle l'est aussi. Pas en raison d'une intrigue qui pousse à tourner les pages pour découvrir au plus vite le dénouement. Non, on veut comprendre l'incompréhensible. Mais est-ce seulement possible ? Peut-on "comprendre" les actes ou les pensées d'un individu pédophile ?
L'auteur nous invite en tout cas à découvrir la vie de Jonathan, ses pensées, ses envies, ses craintes, suite à sa sortie de prison. Une vie parfaitement rythmée, ou presque. Seule ombre au tableau, ses pulsions qu'il tente de maîtriser... Et le passé, pour lequel aucun retour en arrière n'est possible.
Même si l'on peut parfois ressentir de la pitié pour Jonathan, notamment au vu de la culpabilité qu'il ressent et des efforts qu'ils fournit pour essayer de changer, il demeure difficile de s'attacher à ce personnage.

L'auteur, qui a été psychologue judiciaire, semble particulièrement connaître le sujet. Elle l'aborde avec précision, notamment dans le travail qu'effectue Jonathan au quotidien via son cahier d'exercices, ou bien encore concernant ses pensées et le combat qu'il mène avec lui-même.

Une lecture nécessaire ? Je n'ai pas ce sentiment. Se mettre dans la tête de Jonathan permet d'avoir un aperçu de ce qu'est sa vie, tiraillé entre ses pulsions malsaines et son envie de les anéantir.
À défaut d'être nécessaire, j'estime plutôt cette lecture utile, du moins pour quiconque souhaite savoir ce qu'il peut se passer dans l'esprit d'un pédophile.

Si "La tanche" peut déranger et constituer une lecture parfois difficile, l'auteur a le mérite d'aborder un thème délicat avec intelligence. Un roman noir et marquant.